Bienvenue.
Contexte.
Règlements.
Bottin.
Annexes.
Coeurs perdus.
Liens dimensionnels.

Éditer mon profil
Nouveaux messages
Supprimer les cookies
Sujets actifs aujourd’hui
Marquer les forums comme lus

Lazy Sunday † [ PV : My Dear Proxy, Neku ♥ ]
Partagez | 
 Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Yoshiya J. Kiryu
Psychomancer
Yoshiya J. Kiryu
Ex-Composer of Shibuya Messages : 12
Munny : 70
Date d'inscription : 16/12/2018
Voir le profil de l'utilisateur
Mer 19 Déc - 8:25



Lazy Sunday †





Assis sur le canapé, je lève les yeux de mon téléphone portable pour regarder l’horloge murale dont le rythme du tic-tac m’irrite plus qu’autre chose. À chaque fois, je lui retire ses piles pour faire cesser ce son lassant et répétitif. Pire que le son de statique de l’UG. Et Neku finit toujours par la remettre à sa place. Soupirant, je reporte mon attention sur le petit écran lumineux indiquant 5h26. Difficile à dire, est-ce que je ne trouve pas le sommeil ou est-ce que je me force encore à rester éveillé. Très certainement les deux. Mon cher colocataire va à nouveau être en colère. Ou exaspéré, au choix. Que puis-je y faire ? Dormir sonne comme une corvée digne d’un Humain, pas—…

La suite de mes pensées se coupe nette lorsque la réalité me rattrape pour la millionième fois. Je referme mon téléphone à clapet et me laisse tomber sur le divan. Si je me souviens bien, nous sommes dimanche. Le temps a l’air de passer beaucoup plus vite, désormais. Le dimanche, Neku désire toujours aller à cette ’’fausse’’ statue d’Hachiko. Brave chien qui a tant attendu son maître en vain. Au moins, peut-être ont-ils eu la chance de se retrouver au paradis. Cette ville, San Fransokyo, je ne sais pas si je l’aime. Je la tolère, mais certains endroits me rappellent tellement Shibuya que ça fait ’’mal’’. Je ne sais pas quels mots mettre sur ce ressenti. Peut-être qu’il n’est même pas possible d’en mettre.

Mon cher, cher partenaire semble s’être adapté, en quelque sorte. D’une manière ou d’une autre. Je n’y parviens pas aussi bien. Cette ville… je peux entendre la Musique d’Âme des habitants, mais pas celle de la ville. C’est comme… comme si elle était morte. Pas vivante comme Shibuya. C’est désagréable. Et vide. Les Humains ont généralement mal à la tête quand il y a trop de bruit. Pour ma part, j’ai mal parce que je ’’n’entends’’ rien. Pas de pensées des habitants, juste les miennes, le néant. Comment pourrais-je réussir à m’adapter quand j’ai passé plus de temps en tant que Composer qu’en simple Humain lambda ? Je soupire une seconde fois avant de fermer les yeux, bercé partiellement par la Musique la plus proche.

« Neku, tu aurais pu éteindre la radio avant d’aller dormir, franchement. »

***

Je me réveille brusquement à cause d’une forte sensation de froid. Je me redresse sur le canapé en me frictionnant les bras. La couverture que Neku m’a dit de garder pour me couvrir, une fois, jonche misérablement sur le sol. Oh right. Les Humains peuvent avoir froid, c’est vrai, et en tomber malade aussi. Lovely. Je jette un coup d’œil à la pendule qui dit 8h43 maintenant. Apparemment, j’ai réussi à dormir quelques heures. Je présume que c’est mieux que rien. Et avec la lumière du jour qui perce à travers les rideaux, je doute de pouvoir me rendormir. Je ramasse la douce couverture chaleureuse pour m’emmitoufler à l’intérieur, ne gardant que mes mains de sortie pour attraper mon portable orange et l’ouvrir, le fond d’écran s’illuminant devant mes yeux. Fond d’écran que je pourrais juste rester là à contempler pendant des heures sans parvenir à me lasser.

C’était vaguement mon intention jusqu’à ce que je sente une sorte de torsion dans mon estomac suivie d’un léger grondement. Et voilà le premier soupir de la matinée qui commence. Fichu corps humain, et ses besoins idiots comme manger. Je tourne un instant la tête vers l’entrée de la cuisine avant de m’engouffrer davantage dans la couverture, décidant d’ignorer la faim. Est-ce que Neku dort encore ? La Musique m’indique seulement qu’il est toujours dans sa chambre. Peut-être en train de préparer ses pots de peinture aérosols pour plus tard. Nous sommes dimanche, la journée que j’ai, en quelque sorte, appelée ’’la sienne’’. Et que j’appelais ’’ressuscitation’’ auparavant qui me laissait vide d’énergie à la fin.

Devrais-je… ? Je suppose qu’il serait au moins un peu content ? Je me replie encore plus sous ma couette de fortune, ne regardant rien en particulier et laissant juste divers scénarios traverser mon esprit. Pas exactement de bons scénarios. Mais ceux qui finiraient bien paraissent trop improbables. Je pose mon menton sur mes genoux, les enserrant de mes bras. En plus, je risque de me brûler d’une manière ou d’une autre sans mes pouvoirs pour m’aider. Qu’est-ce que dirait Shibuya en cet instant précis ? Sûrement quelque chose comme : ’’Tu te dévalorises toujours, Yoshiya. Mais tu fais du meilleur travail que tu ne le penses, regarde.’’, et elle me montrerait des rues animées et pleines de vie ici et là.

Un faible gémissement termine étouffé dans le drap, et je redresse la tête peu après, alerte pour quiconque aurait entendu ça. Même si seulement une personne pourrait. Je prends une inspiration avant de me lever, la couette encore posée sur mes épaules. Je me dirige vers la cuisine, puis l’un des meubles pour trouver la bouilloire et les grains de café. Peu importe à quel point tout peut être fait par des machines dans ce monde, ce cher rouquin tenait absolument à faire du café à l’ancienne. Comme Sanae, évidemment. Well, il faut mouler les grains en premier selon la recette qu’il m’a enseignée lorsque j’étais encore en vie. Shibuya, cruelle es-tu de m’avoir ramené à ce temps d’être humain. Je n’ai pas l’impression d’être à ma place parmi eux. Forcément quand on ’’entend’’ des Musiques, on n’est clairement pas normal pour la population. De la même manière que je ’’voyais’’ le Jeu. Monstre rejeté par la société. Neku me voit-il comme ça également ?

« … »

Le café ne va pas se faire tout seul. Je moule – bien que le terme ’’essayer’’ serait plus correct – les grains afin de les changer en une sorte de poudre marron comme de la terre sèche. Fronçant les sourcils, je la verse ensuite dans un récipient triangulaire et appuie sur un bouton qui met en marche l’appareil, ce dernier s’occupant de réchauffer la poudre pour la changer en liquide. Au moins, ça semble fonctionner ainsi. Remettant la douce couverture tombante sur moi, je tire une chaise pour m’y asseoir et attends, le regard fixant le mur blanc sans vraiment le regarder et me rendormant à moitié assez involontairement.



Joshua ironise
en #DCB4FF
Revenir en haut Aller en bas
Neku Sakuraba
Psychomancer
Neku Sakuraba
F*ck off Messages : 18
Munny : 68
Date d'inscription : 16/12/2018
Voir le profil de l'utilisateur
Jeu 27 Déc - 18:58
Same street...

Jamais cette expression ne m’a paru à la fois si juste et erronée. Ce n’est qu’une simple marche sur le chemin du retour. Une simple marche au travers de ces rues que je ne reconnais pas, mais auxquelles je ne cesse de découvrir des détails qui m’écorchent un peu plus. Un panneau publicitaire gigantesque, des gens à perte de vue qui ne regardent pas devant eux, trop pressé de rentrer pour cela, une musique rythmée qui sort du casque d’un jeune, deux copines qui discutent sur un banc des dernières tendances du moment. Même si tout est différent ici, je ne peux m’empêcher de relever les ressemblances entre ce monde et celui que j’ai perdu.

C’est perturbant. Surtout pour une simple marche qui ne fera que me ramener chez moi.
Enfin, ‘chez moi’, disons dans l’endroit où j’ai fini par crash, trop las de rester un SDF. L’endroit où nous avons crash.

Est-ce pour cela que tu sors si peu ? J’avoue, parfois, je dois me forcer pour sortir de cette chambre où tu te refuses à entrer. J’avoue, souvent, lorsque la nuit vient, j’ai toutes les peines du monde à fermer les yeux et à m’endormir.

Le sais-tu ? L’as-tu remarqué ?

Où n’est-ce qu’un embarras de plus sur lequel tu ne te pencheras pas ?

Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je crois que j’aime à penser que si tu ne sors pas, c’est pour ne pas te prendre de plein fouet ce simili-Shibuya qui a vaguement son apparence sans avoir son âme. Je trouve cette ville... creuse. Vide ? Elle manque de ce pouls, de cette vague qui faisait bouger Shibuya.

Je ne te le dis pas, je ne te le dirai jamais je crois.

Ce n’est qu’une marche de retour. D’un point A à un point B, tous deux bien défini. Pourtant, mes pas sont lourds. Je n’ai pas envie de rentrer. Pas en sachant ce que je vais retrouver. J’ai cette image gravée sur ma rétine, gravée dans ma tête, en à peine quelques semaines.
Cette image de toi, éteins, vissé sur ce canapé à zapper sans regarder ce ‘vieil’ écran de télévision jusqu’à trouver une de ces émissions pour gosses qui te vide le crâne en moins de deux.

Je crois que je n’avais jamais autant haï les chaines spécial dessin animé avant ce jour.
Je n’ai pas envie de rentrer, et pourtant, je me hâte à le faire. Je me persuade que seul, il t’arrivera des ennuis. Que seul, tu finiras par t’éteindre définitivement. Cette enveloppe humaine est si faible, n’est-ce pas ?

Ce n’est pas la réalité. C’est une mauvaise blague figée et qui n’a pas de chute.

Je n’ai pas envie de rentrer, et pourtant, je suis déjà devant la porte d’entrée. Et pourtant, mon trousseau de clefs se tourne une fois, deux fois, jusqu’à entendre ce petit ‘clic’. La scène se répète, cassette mal rembobinée. Toi et moi n’avons que peu de mots à échanger, nous en avions plus avant. Ou peut-être pas. Deux ans. Sais-tu à quel point c’est long pour un adolescent ? Je crois que tu t’en fous. Je crois que tu t’en fous.

Qu’est-ce que la vie d’un seul et simple humain face au pouvoir que tu avais ?

Je crois que tu t’en fous.

Alors c’est ces mots coincés dans ma gorge que je rejoins la chambre. Notre chambre, ma chambre, puisque tu ne daignes même pas la partager avec moi.

Parfois, en tournant la clef dans la porte, j’ai l’impression que je ne te trouverai pas en entrant.
Est-ce normal ? Je n’en sais rien. Je n’ai pas envie d’y penser. Pas après ces heures de boulot qui m’ankylosent les épaules et mon peu de réflexion qu’il me reste. Alors, pour les quelques temps avant le black-out, je vais m’immerger dans mon monde. De tout mon saoul, noircir le papier d’encre, me noyer des mélodies qui pincent mon âme autant qu’elles m’exaltent.

Tu le sais, n’est-ce pas ? Je n’ai pas besoin de te le rappeler. Demain, nous sommes dimanche. Le dimanche, c’est le jour où je retrouve mes amis. Même lieu, toujours le même lieu. Tu le connais, n’est-ce pas.

La Statue d’Hachiko.

Son réplica futuriste devra faire l’affaire. La marque que je compte lui appliquer demain soir également.
***************

Hm ? Quand est-ce que je me suis endormi ? Impossible de le savoir. Heureusement, j’ai eu la présence d’esprit d’aller m’écraser sur mon lit, au lieu de me casser le dos sur le bureau. Lucky me, I guess. Vaguement éveillé, une pression sur mon portable m’indique l’heure. 9h03 ? J’aurai bien dormi une heure ou deux de plus, mais je vais quand même me lever. Aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres, car aujourd’hui est le jour où je nous force à sortir, souvent en vain. Qu’importe. Qu’importe que tu ne veuilles pas, qu’importe. Je préfère ça à végéter toute la journée ici, à étouffer dans ce silence.

Ce silence de mort ? Ah, ah... non. Pas dès le matin.

Je crois que ce qui m’a réveillé, c’est ça. Une odeur bizarre. Familière aussi ? Un peu. Une odeur anormale mais familière... une odeur de café cramé. Une odeur que je connais par cœur. Je fronce les sourcils, sans comprendre l’évidence. Qui ? Qui a touché à cette ‘antiquité’ qui ressemble tant au nec plus ultra de Shibuya en matière de machine à café ? A part moi, il n’y a que toi ici.

Aurais-tu essayé de faire du café... ? Ou juste brulé les grains par dépit ?

Shit, tout ça me ramène trop en arrière. Secouant la tête pour dissiper les images du WildCat, je finis par quitter la pièce et par traverser le couloir qui me sépare de la pièce commune. L’odeur s’aggrave ou c’est moi ?

C’est attablé et somnolant que je te retrouve. Une couverture sur les épaules, tu sembles proche de rejoindre les bras de Morphée. Tu n’as pas beaucoup dormi, n’est-ce pas ? Pas besoin de parole pour le comprendre. Ça se voit, ça se sent. Et je ne sais pas si je vais pouvoir m’habituer à cette image de toi un jour. Je lâche un discret soupir. Combien de fois ne t’ai-je pas dit de dormir convenablement ? Pour ton corps, pour ton état mental, pour tout. Les humains ont besoin de dormir, voilà tout. Mais tu ne le fais pas, qu’importe ce que je dirai.
Je n’ai pas envie de te ménager sur ce sujet. J’en ai même marre de ce flottement incertain.

« Laisse-moi deviner : tu n’as presque pas dormi de la nuit. »

Alors tant pis si tu pensais te rendormir tranquillement en attendant le café. Est-ce que tu en bois seulement ? Je m’approche de cette œuvre incertaine et fronce les sourcils face à ce spectacle incompréhensible. Je vérifie le niveau d’eau de la machine, avant de comprendre qu’il n’y en a tout simplement pas. Je ne vais même pas commenter l’état des grains de café. Ou peut-être que si.

« C’est un nouveau moyen sophistiqué pour me tuer ? Ou t’as réellement essayé de faire du café ? » Un nouveau soupir, incertain du but de tout ceci. Il y a trop de marc, mais si j’ajoute suffisamment d’eau, ça devrait pouvoir passer sans trop de dommage. « Je croyais que Mr H. t’avait au moins montré ça. »

Ce nom noue ma gorge mais je le prononce quand même. J’avoue, je n’ai pas compris ce que tu as tenté de faire. Est-ce... pour moi ? Ou pour te moquer de moi ? La frontière est souvent si mince. Je ne suis pas habitué à recevoir de l’attention sans contrepartie de ta part. Les habitudes ont la vie dure, spécialement quand on habite avec son meurtrier.
Finalement, je complète cette recette incertaine, ajoutant l’eau manquante au réservoir et sortant deux tasses de l’armoire. J’en pose une face à toi, la question ne se pose même pas, tu en boiras.

« Je ne te demande pas si tu as bien dormi. J’espère que tu te souviens de ce qu’on a à faire aujourd’hui ? »

Quand ? Quand arrêterai-je d’être si froid ? Quand arrêterai-je de t’en vouloir, tout en cherchant sans arrêt à te relever ?

Je ne sais pas.

Je ne sais pas pourquoi cette vie me met en colère.


Mon 'monde' s'agrandit en #ffcc00
Revenir en haut Aller en bas
Yoshiya J. Kiryu
Psychomancer
Yoshiya J. Kiryu
Ex-Composer of Shibuya Messages : 12
Munny : 70
Date d'inscription : 16/12/2018
Voir le profil de l'utilisateur
Lun 7 Jan - 12:23



Lazy Sunday †





Il y a une odeur étrange et désagréable désormais. Je n’ai pas la moindre idée d’où elle provient, mais ça me tire hors de mon espèce de demi-sommeil. Je cligne des yeux, essayant de les humidifier alors qu’ils se sont asséchés à force de fixer le vide, et resserre la couverture autour de moi pour me réchauffer. Je fronce le nez tandis que l’odeur non-identifiée s’amplifie, devenant plus forte et insupportable. Une chose est sûre, la source n’est pas loin. Je suis sur le point de me lever pour chercher l’origine quand Neku entre dans la cuisine à son tour. Il a dû aussi être attiré par l’effroyable odeur. Ou par la fameuse ’’faim’’ dont sont victimes les Humains.

Enfin, même si apparemment, commenter mon évident manque de sommeil est plus intéressant à son goût que s’occuper de la chose, quelle qu’elle soit, qui provoque cette odeur piquante. Pas nauséabonde, c’est un avantage, juste piquante et affreusement gênante. Un peu comme celle d’un feu de forêt, ou au moins proche de ça, en quelque sorte. Aussi loin remontent mes souvenirs, avec ou sans ceux aléatoires que je possède sur le quotidien des habitants de Shibuya, ils ne suffisent pas pour reconnaître précisément l’odeur agaçante. Wonderful.

Toutefois, Grand-Sauveur-Neku semble savoir puisqu’il se dirige immédiatement vers la machine à café. Je croise les bras en silence. Sanae, laisse-moi deviner, j’ai réussi à rater la recette que tu m’as enseignée, il y a plus de cent ans. Lovely. Voilà que je commence à m’adresser au vent, moi aussi. Well, peut-être que ça lui parviendra d’une manière ou d’une autre, comme les pensées de mon cher, cher partenaire m’étaient parvenues. Quoi qu’il en soit, ça ne me surprend pas exactement d’avoir raté le café. La recette ne m’a jamais servi donc je l’ai oubliée en partie. Soit c’était Sanae qui m’en préparait, soit c’était avec mes pouvoirs. Practical.

Aux questions de Neku, un soupir menace de s’échapper de mes lèvres mais je le retiens. En temps normal, j’aurais certainement répondu quelque chose comme : « On dirait que quelqu’un est amer dès le réveil. » Sauf que je ne suis pas d’humeur à répliquer à ses reproches, surtout que j’aimerais déjà réussir à m’excuser, assez en vain. Alors j’ai opté pour garder le silence, ne confirmant ni ne réfutant ses propos. De toute façon, nous savons tous les deux que si je l’avais vraiment voulu, j’aurais sûrement pu le tuer bien plus tôt. Maintenant, rien que la pensée me retourne l’estomac. Quelle ironie quand ça ne m’a pas dérangé de le faire, deux ans plus tôt.

Mais ça, Neku n’a pas besoin de le savoir. Savoir quoi, exactement ? Je me rassois sur ma chaise tout en l’observant ajouter de l’eau. Effectivement, j’ai le vague souvenir de présence d’eau dans la recette. Une sorte de silence se pose, seulement rompu par le brassage régulier de la machine. Et par les Musiques, à la différence que celles-ci, je suis le seul à les percevoir. Ça laisse un peu moins ’’vide’’ mon esprit, alors je suis assez reconnaissant que cette capacité me soit restée. Cependant, ce n’est pas tout à fait agréable que la Musique la plus proche chante aussi aigre que les paroles de son propriétaire.

Voyons, au moins, j’ai dormi au lieu de m’effondrer au bout de trois ou quatre jours sans avoir fermé l’œil du tout. Je doute d’avoir un sommeil convenable comme n’importe quel Humain, un jour. Je fredonne à voix basse, plus à moi-même qu’autre chose, une mélodie quelconque, incertain de ce que je suis même censé répondre. Ça sonnait plus comme une banale déclaration qu’une véritable question, mais peut-être en était-ce une réellement. Alors je reste là, les yeux fixant le bois de la table et enroulant mes mains autour de la tasse pour le moment toujours froide, en attente du café.

« Bien sûr que je m’en souviens, très cher. »

Difficile d’oublier cette journée, tous ces dimanches, seule journée où je daigne… où Neku me traîne hors de l’appartement. Affronter ce monde qui ressemble partiellement à Shibuya me laisse un arrière-goût aussi amer que le café. C’est insupportable. J’ai l’impression de trahir ma Ville. Sauf que ce monde ne ’’m’appelle’’ pas, ne ’’me reconnaît’’ pas, et c’est mieux ainsi. Qu’il reste ’’vide’’, sans Âme. Aucun Jeu qui nécessite d’être dirigé. Ça aurait été perturbant sinon, et j’aurais probablement fui dans n’importe quel autre monde, loin de celui-ci. Finalement, avec un effort, je lève les yeux vers l’autre garçon.

« Alors, Monsieur-Je-Prône-l’Art-de-CAT, que comptes-tu laisser comme marque, cette fois ? De nouvelles œuvres en perspective ? »

Quand bien même mon intérêt semble particulièrement limité, intérieurement je suis réellement curieux de savoir ce qu’il va faire. Son Imagination est toujours aussi impressionnante, même dans ce monde. Je… j’aime voir ses œuvres, et c’est bien la seule raison pour laquelle j’accepte de l’accompagner jusqu’à la statue d’Hachiko. Enfin… peut-être que je ne viendrais pas si ses amis étaient également dans ce monde. Afin de ne pas déranger, ou peu importe pourquoi. Si je devais… contribuer, en quelque sorte, j’utiliserais plutôt la musique que l’art. À chacun ses goûts, pas vrai, Neku ?



Joshua ironise
en #DCB4FF
Revenir en haut Aller en bas
Neku Sakuraba
Psychomancer
Neku Sakuraba
F*ck off Messages : 18
Munny : 68
Date d'inscription : 16/12/2018
Voir le profil de l'utilisateur
Lun 4 Fév - 13:39
Silence.

C’est toujours le silence que tu m’offres, dernièrement. Ce même et lourd silence, à peine dérangé par le roulement de la machine à café. Ce même et lourd silence qui n’existait pourtant pas entre nous, au part avant. Est-ce si pénible que cela de discuter avec moi désormais ? Est-ce si pénible de même lever un regard vers moi ? De même passer plus d’un instant en ma compagnie ? Pourquoi es-tu même venu avec moi, si ce n’est pas pour m’aider à nous relever ? Si ce n’est pas pour m’aider à retrouver les morceaux de notre monde. De Ta foutue ville que tu m’as forcé à aimer !

Tch. J’aurai dû mettre plus d’eau je pense. Ce café risque d’être fort, et amère. Non que je n’aime pas cette saveur, mais j’ai la désagréable impression qu’elle finira par aggraver mes nerfs et cette tension qui ne me quitte pas.

Frustration.

Je crois que je suis juste frustré. Frustré de la situation. Frustré de te voir prostré jour après jour. Frustré de constater que rien n’avance. Frustré de n’avoir guère de ‘bonne’ nouvelle à t’apprendre.

Pourtant, cette situation, si énervante soit-elle, me semble toujours meilleure que son alternative première... soit un retour complet à ma solitude. Dire qu’il n’y a pas si longtemps que cela, je ne souhaitais rien d’autre que le silence et la tranquillité. Je ne les crains pas, mais je sais parfaitement ce qu’une exposition trop prolongée exerce comme effet sur moi.
Oserai-je dire sur nous ?

Non. Parce que si peu de ma frustration quitte mes lèvres finalement. J’ai beau me montrer froid et cassant, c’est le contraire que je souhaite. Shit, incapable de te parler pour de vrai... depuis quand ? Depuis que tu n’arbores plus ce sourire incroyablement énervant ? Dans quel espèce de monde de fou je suis tomber pour en venir à penser ça ? Sérieux... Les noises sont une chose, les sans-cœurs sont une chose, mais je n’aurai jamais pu imaginer même une seconde retenir mes mots à ce point, encore moins pour une raison si stupide.
Est-ce trop penser qu’imaginer qu’il en est de même pour toi ?

Oui. Parce qu’au final, tout m’indique que je ne désire même pas être ici. Qu’à la moindre occasion, tu partiras.

Great. Excellente idée d’essayer de retenir son meurtrier, Neku. Pour sûr, t’es sur la bonne voie, là.

Oh. Parce que tu ne t’es pas rendormi finalement ? Parce que tu daignes lever un regard de fatigue vers moi finalement. Je ne sais pas ce qui est plus pénible. Cette odeur de café brûlé qui me ramène sans arrêt au WildCat, ou la teinte passée que tes yeux ont pris à force de ne jamais réellement trouver le sommeil. Ou une autre raison Bullshit et magique de Composer. Ce que j’en sais, moi.

Foutre rien. Comme d’habitude.

Remettre Mr H sur le tapis ne m’aidera pas à aller mieux, tu sais ? En même temps, j’ai plutôt l’impression que j’aurai dû rester au lit... comme trop souvent. Mais pas aujourd’hui, pas cette fois. Pas encore une fois. Puis si je reste au lit, qui fera en sorte que ce merdier avance ?
Certainement pas toi. Pas dans cet état. Cet état si... frustrant.

Me détournant pour choper cette cafetière déjà à moitié pleine, je laisse un autre silence s’installer. Je ne suis pas mieux que toi, hein ? Pas vraiment. Est-ce un effort de ta part que d’essayer de me parler d’art ? Tu le sais, non ? Tu le sais que même ici, mon imagination n’a cessé de fonctionner. Certes, les thèmes se ressemblent, certes mon style est encore incertain, mais je ne parviens pas à m’arrêter.

Est-ce même normal ? Avec tout ce qui s’est passé, l’inspiration aurait dû me quitter, non ?
Non. Juste non. A croire que j’en ai de trop. Alors, autant m’en servir pour notre cause. Pour embellir cette ville qui ne ressemblera jamais à la nôtre.

J’ai besoin d’un mur, d’un canevas plus grand que celui de ma feuille. Trop petit, trop étroit. Trop frustrant. Je veux recouvrir ce monde d’une peinture qui hurle que nous existons, que Shibuya existe et existera toujours, qu’il est temps de nous regrouper.

Si nous sommes plus que deux à avoir survécu.

Je crois que j’ai juste envie de hurler.

Mais ce n’est pas le moment.

Sans un mot, je remplis d’abord ta tasse de ce breuvage noir qui sera trop amère, puis la mienne. Je dirai bien que c’est l’heure de prendre un p’tit dej’, mais sérieux, faut pas trop en demander. De un, on a rien, de deux, je mange pas trop le matin, de trois, je préfère sortir d’ici le plus tôt possible. Un soupire, et je finis par m’assoir face à toi. Pénible situation, je me frotte les yeux encore lourds de sommeil. Au moins, n’as-tu pas protesté. Au moins sembles-tu assez enclin à me suivre et m’écouter, assez enclin à t’intéresser aux alentours.
Je vais me raccrocher à ça.

Juste un petit peu. Laisse-moi quelques instants pour de nouveau te tirer avec moi. Quelques instants, et au moins deux tasses de café.

« Ouais, j’ai eu deux-trois idées intéressantes la nuit dernière. Idéalement, j’aimerai faire du repérage pour un spot. » Un mur, juste un large mur sans flic autour et je pourrai hurler ma peinture. Non que cela vaudra les œuvres de Mr H, mais ce sera suffisant pour me défouler. « Si on part dans pas trop longtemps, je pourrais aussi mess avec Pseudo-Hachiko. Ça devrait même te plaire. »

C’est sincère. Je pense réellement de mon idée te plairait. Peut-être même qu’elle m’est venue à cause de cela. J’en sais rien. Rien du tout. J’ai juste besoin de café.

« Tu verras sur place. Si t’as pas déjà eu l’idée de fouiller mes carnets, of course » Encore faudrait-il que tu entres dans la chambre pour ça. Un léger silence, une légère gorgée de café brulant, et je reprends. « T’as faim ? Je ne sais pas ce qui nous reste, mais on peut toujours prendre un truc sur la route. »

Pourquoi j’ai l’impression de déjà connaitre la réponse à cette question ?


Mon 'monde' s'agrandit en #ffcc00
Revenir en haut Aller en bas
Yoshiya J. Kiryu
Psychomancer
Yoshiya J. Kiryu
Ex-Composer of Shibuya Messages : 12
Munny : 70
Date d'inscription : 16/12/2018
Voir le profil de l'utilisateur
Jeu 7 Fév - 17:43



Lazy Sunday †





C’est calme. Particulièrement calme. Peut-être même trop calme si j’ignore les Musiques flottantes dans l’air. Trop calme par rapport à avant. ’’avant’’, c’était il y a combien de temps ? Un peu plus de deux ans, paraît-il. En fait, oui. Même pour moi, ces deux années ont été longues. Je les ai vues passer lentement. Comme simple spectateur. Well, j’ai toujours été qu’un simple spectateur du monde, de mon monde, de ma Ville. Le seul moment où j’ai quitté mon trône pour interagir avec Shibuya, pour devenir acteur, c’était durant le Long Jeu. Ce fameux ’’avant’’.

Oh allez, je suis quasiment persuadé que tu as pensé à quelque chose de similaire. Pas vrai ? Je me trompe ? Je n’ai pas besoin de mon ancienne capacité à lire les pensées pour le deviner. Après tout, nous étions – nous sommes ? – pareils. Est-ce que nous le sommes toujours ? C’est difficile à dire. Je n’en suis pas certain. Contrairement à moi, tu as fini par t’ouvrir ne serait-ce qu’un petit peu plus aux gens. Moi, je suis juste resté avec mes deux… mon unique contact. Et encore. Même avec Sanae, notre entente est devenue assez tendue, peu importe combien je ne lui en veux pas. Alors, j’étais plus souvent seul qu’autre chose. Right, Elle était là et heureusement.

Et maintenant qu’Elle ne l’est plus ? Quelqu’un d’inattendu est apparu, tu es apparu. Ce n’est pas tout à fait dans ces circonstances que j’imaginais nos retrouvailles. À vrai dire, je ne les imaginais tout simplement pas, je dois bien avouer. Si les Ténèbres ne L’avaient pas engloutie, je doute fortement que mes chers Supérieurs m’auraient autorisé à retourner dans le RG avant… avant que ta vie humaine n’arrive à son terme. Ou ils auraient trouvé un moyen dans les règles de m’effacer. L’un ou l’autre, peut-être les deux. Sûrement les deux.

Mais tu sais, en vérité, je suis… je…



C’est une bonne question. Oserai-je dire que je ne sais pas ? Je ne parviens pas à mettre de mots là-dessus. Ça appartient à ce ’’poison’’ que tu as réveillé, que je m’efforce à ignorer et à étouffer de toutes mes forces… plutôt en vain. ’’Il’’ prend l’avantage, ’’il’’ gagne toujours. Seulement quand je suis avec toi. Entre les murs de cet appartement. ’’Il’’ s’écoule et se dévoile. Le pire est qu’il n’y a que les aspects négatifs qui s’échappent. Pourtant, il y en a également des positifs. Je crois. Je pense ? Quelque part ?

Hee, hee. Non, je dois juste imaginer ça. Des aspects positifs, vraiment ? On dirait presque que j’essaye de me faire passer pour quelqu’un de bien alors que mes crimes indélébiles ne s’effaceront jamais. Tu en es pratiquement leurs incarnations, il faut dire. C’est assez ironique. Même si ça finit toujours par provoquer cette sensation désagréable d’aiguilles qui tentent de perforer cet organe autrefois dénué de vie. Totalement ironique. C’est… douloureux, d’une manière indescriptible, que je ne parviens pas à comprendre. Encore une de ces choses typiques aux Humains.

Enfin, ça reste tout de même un certain plaisir de te voir. Et ça serait avec joie si je pouvais t’ennuyer davantage, appuyer là où ça déclenche ce déchaînement de colère. Sincèrement. Quand cette humeur… maussade, comme tu dis, ne vient pas tout gâcher comme actuellement. C’était… amusant. De te regarder t’emporter à la moindre petite chose agaçante que je disais. Durant ce court laps de temps, je me suis presque senti… vivant. En quelque sorte. Cependant, maintenant que je suis réellement vivant, plus vivant que ces cent dernières années… tout ça, tout cet amusement, semble s’être envolé. Où ça, comment, pourquoi ? Ça ne fonctionne que lorsque j’ai tout sous contrôle ?

Contrôle qui m’a filé entre les doigts avant même que je ne puisse dire quoi que ce soit. Composer aussi déchu que son Producer. Peut-être même plus que celui-ci quand j’y pense.

La tasse se réchauffe sous mes doigts tandis que tu verses le liquide noirâtre, presque aussi noir que la couleur elle-même ou que l’encre sumi. Probablement une illusion d’optique due à la lumière, ou à ma vue qui s’est associée à mon humeur. Des restes de l’odeur de brûlé persistent dans l’air, sauf que je n’y prête pas grande attention. Je balance simplement un peu la tasse tout en regardant le café tourbillonner doucement à l’intérieur. Peut-être qu’en imaginant le WildKat… peut-être que je pourrai retrouver la quiétude de l’époque juste quelques instants. Où je me souciais juste de la voir.

Pas de chance. Mon esprit ne semble qu’à moitié coopératif. Disons qu’à la place, j’ai juste des flashs de scènes, observées depuis ’’l’au-delà’’ de toi et tes amis, souriant et rigolant, au WildKat sous l’œil amusé de Sanae. Ce dernier savait probablement que j’observais de ’’loin’’, d’ailleurs.

Je me surprends à esquisser l’ombre d’un sourire au souvenir alors que je n’y étais même pas présent, et il disparaît comme s’il n’avait jamais existé en premier lieu pour recentrer mon attention sur toi. Calme ou silence rompu à des intervalles irréguliers. Voilà comment est devenu notre ’’maintenant’’ par rapport à ’’avant’’. Je n’aide pas beaucoup à ce sujet, mais ce n’est pas comme si j’avais grand-chose à dire non plus. Même après être sorti de deux années de solitude supplémentaires. Peut-être parce que c’est une habitude acquise à force de côtoyer… personne.

Ou peut-être parce que je ne sais pas quoi te dire. Quelque chose qui ne t’énerverait pas dès les premiers mots prononcés. Je me contredis maintenant. C’est confus dans ma tête malgré le ’’vide’’ qui y règne. En tout cas, tu finis toujours par presque faire des monologues, et je ne sais pas exactement comment remédier à ça. À mon tour de changer, hmm ? Rebalancez-moi dans le Jeu des Reapers sans souvenirs, qui sait, ça fonctionnera peut-être comme pour toi.

Ta Musique a tourné dans un ton plus doux à la mention de cette ’’idée qui devrait me plaire’’. J’aime bien cette sonorité. Toi, si tu l’entendais, tu l’apprécierais probablement beaucoup moins. Elle trahit pratiquement ton humeur, après tout. J’acquiesce sans un mot, t’imitant inconsciemment pour boire le café lorsque tu le fais. Ça m’intrigue, je crois. Je suppose. Si ton idée est aussi ’’légère’’ que ta Musique, ça doit être une idée vraiment agréable à voir. Alors je veux la voir, je veux assister, constater par moi-même ce que tu vas peindre.

Je fouille autant ta chambre pour trouver tes carnets que tu fouilles le salon pour trouver les miens, très cher. Ou au moins, je doute que tu aies découvert mes propres carnets, sinon je suis certain que tu m’en aurais déjà longuement parlé. Et que je les aurais brûlés aussitôt la discussion finie.

Terminant ma boisson chaude sans avoir trop prêté attention au goût amer et brûlé, je me lève pour aller rincer ma tasse avant de la poser à sécher sur l’égouttoir. Je me baisse pour ramasser la couverture qui a glissé de mes épaules en me levant, la repliant dans mes bras, avant de te regarder.

« Je n’ai pas faim. » Ce dont tu devais déjà te douter à cent pourcent : « Loin de moi l’idée de te fausser compagnie, mais je ne vais pas sortir en pyjama. Donc si tu veux partir dans pas longtemps, je pars en tête pour aller me préparer. Si ça te convient ? »

Une des rares habitudes que j’ai gardées, Composer ou Humain. Je me lave toujours, parce que la sueur est sincèrement un phénomène naturel répugnant.



Joshua ironise
en #DCB4FF
Revenir en haut Aller en bas
Neku Sakuraba
Psychomancer
Neku Sakuraba
F*ck off Messages : 18
Munny : 68
Date d'inscription : 16/12/2018
Voir le profil de l'utilisateur
Dim 10 Fév - 14:04
Mille fois. Mille fois j’ai l’impression de t’avoir déjà posé cette question. Mille fois j’ai l’impression d’avoir reçu la même réponse. Encore, encore et encore. Cette fois ne fera pas exception, n’est-ce pas ? Pourquoi le ferait-elle, après tout ? Pourquoi est-ce que j’espère encore un espoir de changement dans ton comportement détestable ? Je ne devrai pas en avoir. Je ne devrai pas encore quelque chose à foutre. Avant, je n’en aurais eu rien à foutre. Complètement. L’extérieur de mon monde ne me touchait guère. Il glissait, eau sur des plumes, sur moi, pour mieux s’écraser à mes pieds. Pour que je puisse mieux l’enjamber sans y jeter un regard. Je devrai en avoir rien à foutre de cette réponse. Et pourtant, et pourtant...
Je ne cesse de te poser la question.

Pas par politesse, tu sais que ce n’est pas mon genre. Pas par habitude, ni même par convention, mais bien parce... parce que, parce que j’en ai quelque chose à foutre ! Ouais, moi, élu par un pseudo-Dieu comme étant le pire asocial de Shibuya, j’en ai quelque chose à foutre de l’état de quelqu’un d’autre. Plus que ça, j’en ai quelque chose à foutre de l’état de la personne que je devrais le plus détester, que j’ai toutes les raisons de détester.

Fucking Game, fucking mind

Ton petit Jeu m’a complètement bousillé, tu sais ?

Mais c’est comme ça. C’est comme ça que j’en suis ressorti. Alors même si mon attention te déplait, même si tu souhaites que je te lâche la grappe, je n’arrêterai pas. Je ne suis pas, je ne suis plus un parfait c*nnard. Encore un peu, encore un peu, je vais me soucier de ton état. Encore un peu, je vais vérifier que tu t’es habitué à la vie d’un être humain normal. Encore un peu, je vais vérifier que tu manges, que tu dors, au lieu de te ramasser au bord de la mort comme les autres fois.

Si tu savais comme j’ai eu peur.

Même si tu t’en fiches.

Faiblement, ta réponse me parvient. Je la connais par cœur, mais je ne prendrai pas le temps de te blâmer cette fois-ci. La lassitude ? Non, même pas. Juste, de la compréhension. Ouais, je sais, shocking. Tout comme toi, j’ai du mal à me remplir le ventre le matin. Sans compter que je ne raffole pas du sucre. Alors oui, je comprends. Je t’ai toujours compris, du moins, ce que tu as bien voulu me montrer.

C’est peut-être pour cela que je ne parviens pas à te lâcher.

Shit, il est trop tôt, et je n’ai pas encore assez de café dans les veines pour commencer à réfléchir à ça. Fuck it, je vais simplement continuer ce que je fais d’habitude. Essayer de t’accrocher à ce monde, à nous accrocher à ce monde qui nous blesse autant qu’il est un refuge.

Le hais-tu ?

Si j’en change l’aspect, l’aimeras-tu ?

Si j’y appose ma marque, si je tente d’appeler d’autres, commenceras-tu à t’y intéresser ?

Ah. J’ai l’air idiot.

D’un geste de la tête, je te réponds, n’y ajoutant qu’un bref « Vas-y ». Après tout, j’ai moi-même tant à faire avant de partir. J’attends, j’attends que tu nous laisses, moi et ma tasse fumante, moi et mes pensées encombrantes.

Une seconde, deux secondes, trois secondes...

D’un trait je vide ma tasse de ce breuvage fumant et acre. Tch, va falloir que je t’apprenne à faire du vrai café, sinon, je risque vraiment d’en crever. Enfin, ça ne m’empêche pas de me lever, ça ne m’empêche pas d’en reprendre, ça ne m’empêche pas d’à nouveau en boire. Là, seul, au milieu de la cuisine, je me prends quelques instants dans la contemplation quelconque du sol. Idiot, je sais. Complètement même. Comme un instant suspendu dans le temps, une respiration avant de reprendre son courage. Avance d’avancer de nouveau.

Tout comme toi, je rince et pose ma tasse dans l’égouttoir.

Ça ira.

Ça ira. Je peux tenir.

Et je repars dans ma chambre. Si je veux vraiment te montrer ce que j’ai préparé cette nuit, il faut que je me bouge. Et puisqu’on a qu’une salle d’eau pour deux... et que tu prends toujours un temps monstre... Disons que j’ai le temps. Au moins, contrairement à l’alimentation, tu as bien intégré la partie « hygiène » à ta nouvelle existence terrestre. Ou quoiqu’il faille dire d’ailleurs.

Je sais. Tu n’as jamais aimé t’activer plus que nécessaire. Quelque part, je peux comprendre.
Même si j’ai failli m’arracher les cheveux... et t’arracher la tête le jour où tu as prononcé cette phrase pour la première fois.

Fucking prissy kid

J’attrape le seul sac que j’ai et le vide grossièrement sur le lit. En gros, je le retourne et je vois ce qui en sort. Ce sont mes affaires pour le taf, un uniforme et tout le blabla. Aucun intérêt pour l’instant. Autant dire que je ne compte pas ranger de suite, mais plutôt fourrer un paquet d’autres trucs dans la place nouvellement créée. Carnet, deux-trois bombes de peinture que j’ai réussi à gratter par-ci par-là, et mon petit projet du jour.

Autant, je ne pourrai pas peindre une fresque complète en quelques heures.

Autant, je pense pouvoir te toucher un petit peu avec ce que j’ai prévu.

Du moins, je l’espère ? Du moins, j’espère que tu en as encore quelque chose à foutre de l’Art. Vu ton ancien poste, ton imagination doit être au moins aussi, si pas plus, importante que la mienne. Alors... ton enthousiasme aussi ?

Maybe, je ne t’ai pas vraiment vu créer quoique ce soit depuis la chute.

En es-tu encore capable ?

Quel est ton domaine de prédilection ?

Encore deux questions que je garderai pour moi. A rajouter à la pile.

Fuck it, je ne vais pas encore perdre mon temps à penser à ça ! Je termine de préparer mon sac, emporte de quoi me changer quand tu seras enfin sorti, et direction le salon. Je ne me fais pas prier, ce truc à moitié trop lourd finira sur... ben... sur ton lit. Enfin, sur le canapé, mais il est devenu ton lit. Malgré mes protestations d’ailleurs. Si t’as pas envie que j’y pose mes fesses, raf, je le fais quand même. Je sors mon portable, vieille habitude, aussi vieille que l’est ce modèle.

Dans ce monde, il s’agit d’une antiquité. Dans le nôtre aussi d’ailleurs. Mais je n’ai pas eu le courage de le changer. Toujours le même, toujours cet écran, toujours ce portable à clapet.
Finalement, le retour du messie. Je ne me retourne même pas, et lance simplement.

« T’as pris ton temps, comme d’hab’ » En vérité, je ne sais pas vraiment combien de temps tu as pris pour te préparer. Juste, c’est mieux que le silence. Je me relève et emporte mes vêtements avec moi. « Pas touche à mon sac, j’en ai pour deux minutes »

Littéralement. Je risque de me saloper de nouveau, alors je ne vais pas non plus gaspiller de l’eau pour rien. Ce soir, j’aurai droit à une vraie et longue douche. Ce soir, après cette journée, après ce dimanche trop court et trop long. Je m’éclipse, ce n’est un éclat banal de notre quotidien.


Mon 'monde' s'agrandit en #ffcc00
Revenir en haut Aller en bas
Yoshiya J. Kiryu
Psychomancer
Yoshiya J. Kiryu
Ex-Composer of Shibuya Messages : 12
Munny : 70
Date d'inscription : 16/12/2018
Voir le profil de l'utilisateur
Sam 16 Fév - 10:53



Lazy Sunday †





J’attends. Même si je n’ai littéralement aucune raison de le faire, j’attends. J’attends ta réponse, ta confirmation pour que je puisse sortir de table. En quelque sorte. Je n’ai pas besoin de le faire, nous le savons tous les deux, rien ne me retient, et pourtant, je le fais. Un simple mot, un simple signe de la main, c’est tout ce qu’il me faut. Mais je l’attends, au cas où tu souhaiterais me dire autre chose avant. Il y a peu de chance. Enfin bon, on ne sait jamais.

Après tout, c’est difficile de comprendre ce qui se passe dans ta tête, désormais, sans tous ces, mes pouvoirs omniscients. Le changement, le ’’vide’’, est plus rude que je ne l’imaginais. Sauf que ce n’est pas le sujet.

Allez, je l’admets, je m’arrêtais parfois pour voir à quoi tu pensais, ces deux dernières années. C’était plutôt amusant, un passe-temps comme un autre à travers ces longues années supplémentaires de solitude. Tes pensées tournaient vraiment de manière aléatoire. Certains jours plus que d’autres. Et de temps à autres, tu t’attardais sur moi. Comme si ça allait me faire venir. Ça ne durait jamais très longtemps. Tu finissais toujours par m’hurler fortement d’aller lire les pensées de quelqu’un d’autre. Ou du moins, j’ai interprété tes propos grossiers comme ça. Je n’étais pas trop loin de la vérité, pas vrai ?

En fait, c’était presque comme si tu sentais ma présence tourner autour de toi, dans ces moments-là. Peut-être que c’était vraiment le cas. Je ne le saurai probablement jamais.

Quoi qu’il en soit, maintenant, je n’y ai plus aucun accès. Pour toi, c’est sûrement plutôt rassurant et la meilleure nouvelle de tous les temps. Pour moi, well… c’est aussi insoutenable que lorsque je suis devenu Composer. Autant à l’époque, la soudaine surcharge sensorielle me causait souvent des maux de tête et des évanouissements à répétition, le temps que je maîtrise… ce qui a été une très longue période… autant aujourd’hui, le soudain ’’vide’’ est tout aussi douloureux à sa manière. La force de l’habitude.

J’attends. Je n’attends pas beaucoup avant que ta simple réponse me parvienne, se frayant un passage au milieu de mes pensées. J’acquiesce légèrement, plus par réflexe que vraiment pour signifier que j’ai entendu. Et je m’éloigne pour quitter la cuisine, non sans un dernier vague coup d’œil dans ta direction. Tu sembles aussi pensif que moi, et épuisé.

Même si, pour ce dernier détail, ta Musique me le fait savoir depuis un bon moment sans que je ne sache comment y remédier. Si j’avais juste encore mes pouvoirs, j’aurais pu arranger ça. Un peu. Tu m’aurais simplement étranglé après-coup pour avoir fait une ’’chose bizarre’’ avec toi.

Peut-être que la Musique de Shibuya saurait combler ce souci de sommeil, peut-être. Puisqu’Elle t’a choisi, puisque Nous t’avons choisi. Ta Musique est certainement plus mêlée à celle de Shibuya que je ne le pense. Des petites notes égarées ici et là. Pas suffisamment pour avoir ressenti toute la douleur, tout le choc de sa chute, même sans être sur place. C’était… effroyable. Personne ne désire ressentir ça.

Et je dois bien avouer que je ne sais pas pourquoi je l’ai sentie, sa chute, alors qu’Elle m’a repris tous mes pouvoirs. Sûrement à cause des nombreuses années où j’ai été associé à Elle.

Hm… Right. J’avais (déjà) oublié à quel point cette pièce n’est pas très grande. En même temps, ce n’est qu’une salle de bain dans un appartement pour deux. Il n’y a pas besoin d’un espace gigantesque. Et éviter d’utiliser trop d’eau chaude aussi. Donc, ne pas passer une heure dessous. Ce que les Humains peuvent être compliqués.

… non, je ne vais pas commencer à me plaindre, même si c’est trop tard et que ça me démange intérieurement de continuer. Tu as mis beaucoup d’efforts pour le trouver et… je n’aide pas. Je ne t’aide pas. Je sais que je le devrais, je sais. Est-ce plus facile à dire qu’à faire ? J’ai eu un ’’travail’’ pendant plus de cent ans. Mais jamais lorsque j’étais en vie.

Ça me rappelle la fois où je t’ai dit que, une fois adulte, je me trouverai un travail tranquille qui rapporte beaucoup. Sacrément ironique quand on apprend la vérité. Être Composer, ce n’est pas exactement un travail reconnu. Je doute même que ce soit considéré comme un dans l’UG. Sauf que ça n’a pas d’importance, ça me convenait. Ça me convenait, à moi, le ’’monstre’’ qui voyait les morts de son vivant. Sigh.

Je me demande quelle heure il est. J’attrape des vêtements propres dans le placard où nous rangeons les serviettes ; un épais pull blanc avec un col roulé, un jean noir banal, et le reste. J’en garde toujours dans la salle de bain pour m’éviter d’entrer dans ta chambre. Qui est supposément aussi la mienne, tu me le répètes pratiquement tous les jours. Ou tu le penses et je le devine. Je ne veux pas y entrer, je ne sais pas comment l’expliquer. C’est un sentiment négatif qui me traverse quand j’y songe.

Puis je récupère enfin mon portable sur le rebord du lavabo, croisant mon reflet dans le miroir par la même occasion, et… urgh. Mes cheveux. Ils sont tous plats et humides, c’est affreux. Je ne vais pas sortir comme ça, hors de question. Then, je prends le sèche-cheveux et la brosse pour les coiffer correctement, certaines mèches bouclant naturellement au passage.

Ceci fait, je sors finalement de la salle d’eau pour rejoindre le salon, mon regard se posant bien vite sur toi, assis sur le canapé. Sur mon lit, si nous pouvons dire ça. Même si tu t’éclipses peu après, sans que je n’aie le temps de répondre quoi que ce soit. Pas que je l’aurais fait, à vrai dire. Je ne trouve quasiment rien à dire, quand je suis juste avec toi, pas de commentaires cyniques ou moqueries habituels. Rien. Je jette un coup d’œil au sac avant d’hausser les épaules, et m’avance vers les porte-manteaux afin de récupérer nos vestes en t’attendant.

Un instant, je pense même à lancer un chronomètre pour vérifier les deux minutes, mais vu qu’une s’est probablement déjà écoulée, ça rend le ’’jeu’’ inutile. Je reviens, posant les deux habits sur le dossier du canapé. Je peux simplement confirmer que ça ne t’a pas pris longtemps, contrairement à moi. Je n’ai pas eu le temps de me rasseoir. Je reprends ma veste pour la remettre avant de te tendre la tienne.

« Bien, très cher, prêt à partir ? »

Après que tu aies pris ton manteau et avoir reçu ta réponse, je me dirige vers la porte d’entrée pour l’ouvrir et… sortir en premier. D’accord, je présume que le bref temps d’arrêt n’est pas passé inaperçu, n’est-ce pas ? Je soupire silencieusement, attendant que tu me rejoignes avant d’emprunter les escaliers pour descendre. Oui, c’est bon, je connais le chemin pour quitter l’immeuble, merci bien, partenaire. En même temps, à force que tu traînes hors de celui-ci tous les dimanches, j’ai retenu au moins ça.

Au-delà… je me rappelle de quelques espaces, ceux où nous nous sommes déjà arrêtés pour tes peintures, mais rien de plus. À la seconde où j’ai franchi le seuil d’entrée de l’immeuble, le ’’poids’’ de quelque chose dont le nom m’échappe s’évanouit. À la seconde où j’ai franchi le seuil d’entrée de l’immeuble, un sourire narquois s’épanouit sur mes lèvres, tandis que je fourre une de mes mains dans ma poche, l’autre venant enrouler une mèche de cheveux autour d’un doigt. Je me tourne vers toi pour demander :

« Alors, très cher, où est-ce que nous allons, aujourd’hui, hm ? ~ »



Joshua ironise
en #DCB4FF
Revenir en haut Aller en bas
Neku Sakuraba
Psychomancer
Neku Sakuraba
F*ck off Messages : 18
Munny : 68
Date d'inscription : 16/12/2018
Voir le profil de l'utilisateur
Mer 20 Fév - 6:10
Le sais-tu ? Ces deux années ont passé sans que je parvienne à t’oublier. J’aurai dû, non ? N’est-ce pas ce que j’aurai dû faire ? Tenter de me reconstruire, loin, très loin de tout ce bordel qui m’a secoué à me faire hurler. Et vu que ce bordel, justement, tu en es l’auteur, en plus d’être celui qui m’a jeté en plein dedans... la logique aurait voulu que je t’oublie. Que je cherche à avancer, à reprendre le cours de ma vie. Les autres l’ont fait, laisser le Jeu derrière eux. Ça m’a semblé si... facile à faire quand je les observais avancer. Et pourtant, pourtant, moi, je n’ai jamais vraiment pu m’y résoudre.

Pourquoi ? Par rancœur ? Par amitié ? Ou parce que je suis pas foutu de laisser derrière moi les évènements trop lourd à porter ? J’en sais rien. Tout ce que je sais, c’est que durant ces deux dernières années, tu revenais régulièrement dans mes pensées. Le fait d’aider Mr H au café n’a pas aidé, surtout que j’avais à moitié l’espoir de t’y croiser.

Sauf que tu ne t’y es jamais pointé.

Jamais.

Le sais-tu ? Je crois que oui. Avec ta sale manie de toujours sonder le cœur des gens avant de leur parler, j’en suis même sûr. Mais malgré tout, tu gardes cette distance insupportable entre nous.

Insupportablement inconfortable.

J’aurai dû t’oublier et pourtant, me voilà à échafauder des plans pour te relever. Toi tombé, fracassé, sur Terre, après avoir régné si haut.

La chute a dû être rude. Ou peut-être pas, j’en sais foutre rien.

J’aurai dû t’oublier, mais je n’ai jamais pu. Je crois que je ne le pourrai jamais. Alors, autant m’en accommoder. M’accommoder de ma rancœur, de cette envie de te repousser et d’en même temps te relever. Heh... I’m fucked up. Et tu y es pour beaucoup. Alors assume. Assume au lieu de t’enfuir.

C’est fou le nombre de fois où je peux penser à ça. Dans cette nouvelle vie, m’occuper de toi est un peu devenu une de mes préoccupations premières. soupir. Un dimanche de plus, j’espère vraiment que celui-ci te rendra un peu plus cette attitude de l’enfer. I’m so fucked up. Souhaiter le retour d’un type qui m’a tiré dessus non pas une, mais deux fois. En moins d’un mois en plus.

Shit Tant pis. Il est juste temps que je sorte. Il est juste temps que je laisse s’exprimer mon Art. Il est plus facile de peindre, de dessiner que de parler. Surtout avec toi.
Puisque je ne compte pas faire d’efforts vestimentaires -Shiki me tuerai d’ailleurs-, je me suis contenté du strict minimum. Un t-shirt vaguement violet, un sweat à capuche gris, un jeans et des baskets. Le tout est un poil trop grand, il faut dire que je ne me suis pas exactement remplumé ces dernières semaines. Ou mois. Ou même avant d’ailleurs. Comme toujours, mon casque m’accompagnera autour de mon cou. Il reste une part de moi, même si je m’en sers moins pour me couper du monde. A mon retour dans le salon, je prends plus de temps pour m’attarder sur ton propre style. Je me demande à chaque fois d’où te sort ce goût en matière vestimentaire. Et je m’attarde, encore un peu plus. Je m’attarde sur ce pull qui... Hm. N’allons pas plus loin, je trouve juste qu’il te va. Les couleurs claires te vont. Je trouve que tu portes de plus en plus de vêtements chauds... As-tu beaucoup de mal avec la sensation de froid ? Je détache mon regard et récupère mon sac informe -Il finira négligemment sur mon dos-, puis ma veste. J’acquiesce à ta question, demandait-elle une vraie réponse de ma part ?

Et nous sortons.

Tu prends la tête, étrangement. Une réminiscence de ton ancien poste ? Ou juste pour me prouver que tu connais encore le chemin vers la sortie ? Heh, pas la peine de te montrer ‘brave’, je sais que tu ne l’es pas. Je le sais, et je n’ai qu’à t’observer pour m’en rappeler. A force de rester enfermer, tu vas finir par devenir agoraphobe. ‘Manquerait plus que ça d’ailleurs. Bien entendu, je te suis, direction le bas de l’immeuble. Et à la première bouffée d’air frais, le changement. Ce changement qui m’égratigne à chaque fois. Comme par magie, cet air, ce sourire insupportable réapparait sur toi. Cette aura de confiance, de défiance, qui hurle à quel point tu es meilleur que le monde entier. Tous ces petits détails que j’ai appris à connaitre par cœur.

A chaque fois que nous sortons, tu les arbores, arrogant. A chaque fois que nous sortons, tu redeviens plus proche de ce que tu étais. Est-ce juste pour me signifier que tu n’as pas besoin de moi ? Que tu n’as pas changé ? Parce que ce Joshua-là, il est l’accumulation de tout ce qui est détestable. Un empilement de sarcasmes et de moqueries. Un fucking empilement de tout ces trucs qui t’ont conduit à penser que ce serait une excellente idée d’organiser un Jeu de massacre avec comme pantin rêvé, un pauvre gamin perdu.

Tch. Je ne te comprends pas. Je ne te comprends plus. Mais depuis le temps, j’ai appris à deal avec ce changement d’attitude. J’ai du mal à comprendre où est le vrai dans tout ça... mais depuis la seconde où tu as formé ce pacte avec moi, j’ai jamais su où trouver le vrai avec toi.

As always. Je suis suffisamment fucked up pour être d’accord avec ça, alors...
Autant continuer.

Notre destination est simple : la statue du pseudo-Hachiko qui trône à San Fransokyo. Puisque c’était notre point de rendez-vous... ça m’a semblé approprié pour y laisser des messages que seuls eux peuvent comprendre. Stupide, je sais, mais je suis légèrement à court d’option.

« Hachiko. Il est temps que l’Art de Shibuya se fasse connaître de ce monde. » Quitte à me faire traiter de vandale au départ. C’est toujours le problème avec le Street Art. Ce qu’on ne comprend pas, ce qu’on ne peut pas foutre dans un musée, est toujours traité avec déférence. « Mon projet ne sera pas très spectaculaire pour une première, mais je vais avoir besoin que tu me couvres. T’sais que l’endroit est très à découvert... Je peux compter sur toi ? »

Ça... je sais que oui. Bizarrement, je sais que oui. Trust Your partner, et tu l’es toujours. Malgré toutes les emmerdes que tu m’attires, malgré que l’idée de te faire manger le pavé me revient bien souvent, tu es et restera mon partenaire. Une personne à laquelle que je peux croire, surtout pour assurer mes arrières. Parce que tu le feras, n’est-ce pas ? Dis-moi que tu le feras.

« On va direct là-bas. Pas de détour, pas de lèche-vitrine. Ok ? »

Parce que oui, les boutiques sont ouvertes. Pas toutes, mais certaines en tout cas.
Hachiko, ce pseudo-Hachiko n’est pas très loin. Te souviens-tu du chemin ? J’ouvre de toute manière le chemin.


Mon 'monde' s'agrandit en #ffcc00
Revenir en haut Aller en bas
Yoshiya J. Kiryu
Psychomancer
Yoshiya J. Kiryu
Ex-Composer of Shibuya Messages : 12
Munny : 70
Date d'inscription : 16/12/2018
Voir le profil de l'utilisateur
Lun 25 Fév - 22:26



Lazy Sunday †





Ce ’’poids’’ a disparu, ou devrais-je dire atténuer ? Je ne suis pas certain de ce dont il s’agit réellement. J’estime que c’est ce ’’poison’’ que tu as réveillé. Malheureusement, je n’ai rien pour prouver que c’est bien ça. Si Shibuya ou Sanae était encore là, ils auraient pu me le dire, sans l’ombre d’un doute.

À moins que tu pourrais me l’expliquer, toi aussi ? Well, si je ne peux pas mettre davantage de mots pour décrire ce ’’poids’’, cela m’étonnerait que tu parviennes à comprendre ce que c’est. Et je reviendrai à la case départ.

Pourtant, j’ai la sensation que je devrais essayer de te raconter ce qu’il se passe. Ce qu’il se passe avec moi, avec ma tête, avec cet organe anciennement dénué de vie. Peut-être que tu détiens des réponses dont j’ai besoin, en prime de possiblement répondre à quelques unes des tiennes.

Parce que tu en as, des questions, pour moi ainsi que sur moi, pas vrai ? Je me trompe ? N’est-ce pas pour obtenir ces réponses que tu désirais me voir après la Longue Partie ? C’est assez amusant, que cette partie ait été surnommée la ’’Longue Partie’’. Ma propre participation au Jeu, il y a des années, a été aussi longue, et n’a aucun surnom. Même si je ne m’en soucie pas, en réalité. Je trouve juste ça comique. La Longue Partie a marqué les mémoires jusque là-haut, chez les Higher-Ups.

Vraiment pas mal, Partenaire. Tu as autant attiré mon attention que celle des Plus Hauts Placés. Je parie qu’ils aimeraient te recruter. Mais encore faudrait-il qu’ils nous repèrent dans ce monde. Ils en sont capables.

Ce qui serait à la fois pas le bon moment et une mauvaise nouvelle pour moi.

Enfin, il n’est pas nécessaire de s’en préoccuper pour l’instant. J’aviserai bien en temps et en heure. Et je ferai de mon mieux pour te garder en sécurité, loin de ces Êtres. Comment ? N’est-ce pas là, ce que tu demandes ? Mes excuses, j’étais trop perdu dans mes pensées, hee hee.

« Bien sûr, Partner ~ Comme au bon vieux temps ~ You watch my behind, and I’ll watch yours ~ »

Quand bien même, je prononce ces mots sur un ton sarcastique, me permettant même de reprendre un de mes anciens commentaires lors de notre rencontre… je les pense sincèrement. Je veillerai sur toi, et je suis persuadé que tu le sais, peu importe à quel point je plaisante à ce sujet.

’’Fais confiance à ton Partenaire’’, c’est ce que tu as pensé, hein, Neku ? Les paroles de Sanae sont tellement ancrées en toi, et en plus, ça se lit sur ton visage. Moi aussi…



Moi aussi, je te fais confiance, Neku. Est-ce que tu t’en rends même compte ? Je ne sais plus à quand remonte la dernière fois où j’ai accordé ma confiance à quelqu’un. Était-ce Sanae ou elle ? Non, peut-être Megumi ? C’était un excellent Part— Conductor, oui. Contrairement à ce que tout le monde croit, lorsque je l’ai effacé, je lui ai donné le droit d’Ascensionner.

Après tout, son idée d’unifier les pensées de chaque habitant correspond bien à la façon dont fonctionnent les Plans Supérieurs. Il est sûrement nettement mieux avec eux. C’était juste plus fun de lui faire peur jusqu’à la fin. Je me demande s’il va bien et s’il sait où se cache Sanae.

Marchant à tes côtés, les mains dans les poches, plus pour les préserver du froid environnant qu’autre chose, j’observe légèrement les environs. Le chemin pour se rendre à la statue d’Hachiko-San-Fransokyo est toujours le même. Same streets, same crowds too, pour reprendre tes termes. Hm ? Ne crois pas que je ne t’ai pas entendu parler à l’air, très cher.

Même si tu m’as dit qu’on ne s’arrête pas pour faire du lèche-vitrine – ce que j’aurais adoré si seulement ils avaient des magasins comme Lapin Angélique, Pavo Real ou encore Pegaso par ici –, je ne peux m’empêcher de ralentir à l’approche de ’’ce’’ magasin.

Un magasin d’instruments de musique.

Composer ou non, ce n’est pas principalement pour cette raison que ce genre de magasins m’attire. Mes yeux améthyste arpentent les divers instruments, dont quelques uns me sont parfaitement inconnus et sûrement fabriqués grâce à la technologie avancée de ce monde, avant de se poser sur un violon. Petit, léger et majestueux instrument à cordes. Inconsciemment, je me mets à fredonner une faible mélodie aléatoire, sentant pratiquement l’Imagination continuellement refoulée tourbillonner dans mon esprit.

Un tumulte d’idées de chansons qui ne demandent qu’à être retranscrites sur papier. Des idées qui se mêlent à d’autres pour former encore plus de nouvelles idées. À ton inverse, mes surplus d’Imagination, je les réprime. Je les réprime jusqu’à ce que l’accumulation ne soit plus supportable et que je sois obligé de la vider. J’aime encore écrire des partitions, mais… c’est compliqué.

Puis je me force à détourner les yeux pour te rejoindre tandis que tu attends non loin. Pas la peine de tarder plus longtemps, ça ne ferait que raviver des souvenirs plus ou moins douloureux. Et je ne compte même pas vraiment rejouer un jour. Toutefois, en percevant de nouveau ta Musique, un petit intérêt me pique. Au moins, ça animera cette marche silencieuse. Une marche qui me rappelle, contre toute attente, notre semaine avec nostalgie.

Je lève le regard dans ta direction, mon habituel sourire narquois aux lèvres, essayant d’étouffer le côté plus ’’doux’’ qui veut s’y mêler. Ce n’est pas forcément une bonne idée de parler de sa passion, sauf que c’est trop tard pour le réaliser.

« Dis-moi Neku, quel est ton instrument préféré, hm ? ~ »

Toi qui voulais tant me parler, ces deux dernières années… vas-tu saisir cette occasion offerte d’en apprendre plus via cette question, ou vas-tu juste l’ignorer ? Sache que je ne te faciliterai pas la tâche, comme d’habitude. Surtout maintenant que ce ’’poids’’ ne m’encombre plus jusqu’à notre retour à l’appartement. ’’Il’’ revient toujours, ’’relié’’ à un inconscient qui se sait en sécurité entre les murs de cet immeuble. À l’abri de ce monde, à l’abri de ces gens, à l’abri des regards et des commentaires.



Joshua ironise
en #DCB4FF
Revenir en haut Aller en bas
Neku Sakuraba
Psychomancer
Neku Sakuraba
F*ck off Messages : 18
Munny : 68
Date d'inscription : 16/12/2018
Voir le profil de l'utilisateur
Lun 11 Mar - 13:29
Dis-les. Je veux t’entendre. Je veux t’entendre les prononcer. Je veux entendre ces mots quitter ta bouche, t’entendre les penser, avoir la moindre confirmation que je peux encore et toujours croire en mon partenaire. Malgré les années, malgré la tension, malgré la situation. Être certain que je peux et que je pourrai toujours m’accrocher aux paroles de Mr H, que j’ai raison de vouloir te garder auprès de moi. Même si tu n’en as pas besoin. Même si tout ton être actuel me hurle à quel point je ne te suis pas utile. Que je ne suis qu’une distraction en attendant le retour de notre Ville, de ton poste, de ton statut.

Alors, dis-les. Même si cette demande ne quittera jamais mes pensées, dis-les. Je veux t’entendre. Juste... une fois. Une simple fois.
Entendre mon partenaire. Après t’avoir dit tant de fois de la fermer. Ironique, je sais, mais je pense avoir déjà assez prouvé à quel point y’a un truc pas net chez moi. Et chez toi aussi. Weirdo. Je les attends alors...

Alors... !

Alors ils me parviennent simplement. Et c’est un soulagement certain qui m’assaille. Comme si un poids venait de m’être enlevé. Ce ne sont que quelques mots, mais je les ai reconnus. Les mêmes fucking mots. A la lettre près. Evidemment que tu l’as fait exprès. Pour me rappeler une fois encore tout ce bordel qui me hante, ou... shit, j’en sais rien ?! Pourquoi même est-ce que je suis content de les avoir de nouveau entendus ?! Stupide, je sais... Je sais tout ça. J’ai parfaitement conscience que cette situation n’est pas normale, que rien de ce qui se passe dans ma vie n’est normal depuis... depuis que tu m’as tiré dessus ! A croire que tu le fais exprès, ou que j’ai le chic pour tout prendre mal. Les deux sont fort plausibles, évidemment. Qu’importe. Je garderai ces mots dans le fond de ma gorge, cette vague gratitude de pouvoir compter sur tonlazy ass. Cette fois-ci, ce n’est pas plus la mort que nous -que je- risquons, mais juste des ennuis avec les flics.

D’un coup, cette ‘crainte’ me semble vraiment moins menaçante. Un petit tour au purgatoire, ça change tellement la vision des choses, surtout sur ce genre de trucs.
Une distance nouvelle entre nous me tire de ma rêverie. Yep, je t’ai définitivement laissé quelques mètres derrière. Mais qu’est-ce que tu fous... ?  Je t’avais dit « Pas de lèche-vitrine » et voilà que tu t’arrêtes devant... Un magasin de musique ? Oh. Je ne peux pas dire que c’est étonnant, mais disons que ça ne t’est jamais arrivé ? Du moins, pas en ma présence. Je me rapproche, quelques pas, curieux de ce que tu peux regarder en réalité.
Est-ce en lien avec toi ? En lien avec ton talent artistique ? Je ne parviens pas à croire que ton Imagination ne déborde pas comme le fait la mienne. Tout comme je ne parviens pas à croire que tu en sois dépourvu. Alors... comment la relâches-tu ? Si ce n’est pas le dessin, comme moi, ou le Street Art, comme Mr H, alors quoi ? La musique ? Est-ce la musique ? Je ne t’ai même jamais vu toucher un instrument de musique. On a même jamais discuté de musique toi et moi ! Jamais plus loin que ces sempiternelle blague sur mon casque.
Je ne sais pas, je ne vois pas exactement sur quel instrument tu t’attardes, ou même à quoi tu penses. Je ne sais pas... !

Mais, je pourrai le savoir.

A cette pensée, je serre les poings, presque énervé contre moi-même. Shit, je détestais quand tu squattais ma tête, ce n’est pas une raison pour avoir envie de faire pareil ! Surtout que je ne garde pas exactement de bons souvenirs de mes seules tentatives à ce sujet.
Sauf que je ne sais tellement rien. Et que tu ne me diras rien. Jamais. Alors... juste un peu ? Juste une seconde ?

Je n’ai pas à fouiller longtemps dans mes poches pour le trouver. Il ne me quitte jamais, même si je n’aime pas sa capacité. Le Player Pin’s permet de sonder les pensées immédiates des humains. Pour ça il me suffit juste... de m’ouvrir aux autres. De fermer les yeux, de prendre garde à ce qui m’entoure. Easy, right ? Sur le papier seulement. Une seule seconde. Durant une seule seconde je laisse tes pensées m’exploser au visage. Juste des mots, aucune image, c’est déjà rassurant. De la musique... ? Et, oh... cet instrument. Je coupe le contact, et revient à la réalité. Je ne peux pas encore le dire mais... Oh, great, j’ai l’impression d’être dans la peau du méchant. Tu vas pouvoir me le rappeler en long, en large et en travers, un truc pareil. Surtout que j’ai passé je ne sais combien de temps à t’exposer mon avis sur l’intrusion de pensées.
Si t’étais plus clair aussi, je n’aurai pas à faire des conneries pareilles pour tenter de te comprendre.

As-tu compris ? Parce que moins de trente secondes plus tard, tu me rejoins. Je garde le silence qui se teinte de culpabilité pour ma part. J’ai... plus ou moins la confirmation de ce que je présentais, mais je me sens mal de l’avoir obtenu comme ça. Je te regarde même pas, pas même que je décroche un mot alors que nous reprenons notre route. Je t’aurai bien fait la remarque mais... rien ne sort. Et bizarrement, c’est toi qui prends la parole. How rare. Avec ce ton qui me dit que tu as quelque chose à l’esprit, mais que tu prendras tous les moyens détournés possibles pour que je n’en sache rien.

As Always

Cette question m’interpelle légèrement. Elle est si... banale ? Normale ? Et comme la normalité n’est pas tellement ton truc, cela rend toute la conversation encore plus louche. Ou alors, je suis parano, ce qui ne m’étonnerait même pas.

« Hm... » Que répondre ? J’aime la musique, bien sûr, mais je n’ai jamais réellement pensé à un instrument préféré. Sans doute parce que je n’en pratique pas ? Manque de temps, et je préfère me concentrer sur le dessin, après tout. Je te laisse volontiers cette partie. « J’sais pas. Au hasard, je dirai bien la guitare ou la batterie. Note qu’une bonne ligne de basse fait toujours plaisir aussi. »

Là, ce ne sont juste que mes propres goûts musicaux qui s’expriment. Pourquoi je parie que tu n’as pas vraiment les mêmes ? C’est si... compliqué de te lire, enfin, sans Player Pin’s. A quoi tu penses ? J’aimerai en savoir plus, mais répondras-tu à la moindre de mes questions ? J’en doute toujours. La force de l’habitude. Mais... j’ai l’impression que je n’aurai pas réellement d’autres occasions.

« Et toi ? Un truc de vieux et bien classique ? » Je crois que je connais déjà la réponse. « Ça t’irait bien, ça fait prétentieux. » Mes doigts glissent le long du cordon qui relie mon casque à mon lecteur de musique. Ouais, toujours vieux, mais il fonctionne et possède toute la musique que j’aime. Je joue avec celui-ci pour soutenir mon propos. « Je parie que tu ne connais pas la moitié des musiques que j’ai rassemblé ici. »

Si jamais ça t’intéresse réellement. Je... pourrai te les partager. J’aimerai le faire. Je crois que j’aimerai, oui.


Mon 'monde' s'agrandit en #ffcc00
Revenir en haut Aller en bas
Yoshiya J. Kiryu
Psychomancer
Yoshiya J. Kiryu
Ex-Composer of Shibuya Messages : 12
Munny : 70
Date d'inscription : 16/12/2018
Voir le profil de l'utilisateur
Dim 17 Mar - 15:42



Lazy Sunday †





Honnêtement, ne me demande pas pourquoi je me suis engagé sur ce sujet, je n’en suis pas certain moi-même. Ironique, n’est-ce pas ? Alors que j’étais habituellement celui qui sait toujours tout mieux que quiconque. Et pourtant, les seules personnes au courant de mon attrait pour la musique sont mes parents, elle et Sanae. Shibuya aussi, mais ça ne compte pas. Pour Megumi, je ne suis lié à la musique qu’à cause de mon titre. Je ne lui ai jamais sérieusement parlé de ma vie passée.

En somme, toutes les personnes qui le savent ont disparu.

En somme, je me lance sur un sujet qui me tient énormément à cœur, et c’est sûrement la pire des décisions que j’ai prises depuis que tu m’as trouvé à Traverse Town.

Peut-être qu’une partie de moi a envie que tu me connaisses davantage. Cependant, ce n’est pas forcément une bonne idée. Je risque de le regretter – nous risquons ? –, c’est ce que l’autre partie de ma tête hurle. Je n’aurais pas dû aborder ce sujet, et je ferais mieux de vite y mettre un terme. Je le peux, couper court à des conversations, c’est pratiquement mon point fort.

Autant dire que ça ressemble à une lutte interne pour ne pas clore cette discussion. Je pense que je veux réellement la poursuivre avec toi jusqu’à… je ne sais pas, que tu devines certaines choses ?

Je vais le regretter, je le sens.

Mais je vais continuer quand même. ’’Fais confiance à ton Partenaire’’, pas vrai ?

Je me demande toujours pourquoi ta Musique s’est affaiblie un très bref instant, a semblé s’étendre sur les environs avant de revenir à la normale. C’est inhabituel, ce n’est pas une ’’humeur’’, ou en tout cas, ça ne m’a pas renvoyé le nom d’une humeur. J’espère que ce n’est pas un problème causé par l’absence de la Musique de Shibuya. Je ne pourrai pas le corriger si ce ’’problème’’ se reproduit et s’aggrave. Alors fais attention à toi… s’il te plaît ?

Je ferme les yeux un court moment, marchant tranquillement à tes côtés, les mains jointes derrière le dos. Ta réponse pensive ne se fait pas attendre. Tu as donc choisi de prendre ’’l’appât’’, ce n’est guère une surprise. Mais sur tes trois préférences, seule la guitare ne m’étonne pas. Il y a de la guitare électrique qui se joue dans ta Musique. Enfin, je dis ça, cependant la Musique d’Âme n’a pas automatiquement de lien avec les goûts musicaux. Parfois, ça peut jouer dessus. Cela reste plutôt rare, ce n’est en rien une généralité.

Navré pour toi, parce que je suis – j’étais ? – Composer, cela ne signifie pas que je suis en mesure de jouer de tous les instruments. Je peux les reconnaître aisément, toutefois. Oui, je pourrais te citer chaque instrument d’un orchestre les yeux bandés, si ça te fait plaisir.

Et comme attendu, le retour de la question à l’envoyeur. Ah, très cher, tu manques cruellement de surprise.



De vieux et classique ? Eh bien, aussi légèrement offensant que ça puisse paraître, je te l’accorde. Le violon est un instrument plutôt ancien. Mais de là à prétendre que parce que j’en joue, tu le catégorises comme prétentieux, c’est un peu plus vexant.

Cherches-tu sincèrement à me faire regretter d’avoir voulu te parler de ma passion ?

Je croise les bras avec un froncement de sourcils. Même si je l’efface bien vite pour hausser les épaules, adoptant l’indifférence. Puis je recouvre mon habituel sourire sarcastique, enfonçant une de mes mains dans ma poche tandis que l’autre s’enroule autour d’une mèche de cheveux. Très bien, Neku, si c’est comme ça, tu devineras par toi-même. Penses-tu y arriver ?

« Je ne suis pas si vieux, très cher ~ Mais pour répondre à ta question antérieure, j’apprécie la majorité des instruments. Quel genre de Composer serais-je si je ne peux pas aimer chaque instrument à sa juste valeur, hm ? ~ »

Et c’est la vérité, après tout. Chaque instrument possède sa propre histoire, sa propre tonalité, sa propre énergie à apporter au sein d’une mélodie. Il suffit de les connaître et de les maîtriser pour pouvoir les faire s’harmoniser les uns avec les autres. Les Musiques d’Âme fonctionnent de la même manière. Seules, elles ne rendent pas bien, ne peuvent pas dévoiler le meilleur d’elles-mêmes. J’étais là pour coordonner le tout avec la Musique de Shibuya au centre.

C’était… vraiment beau. J’aurais voulu que tu puisses l’entendre également. Sauf que je ne pouvais pas me permettre de débarquer de nulle part pour te demander une telle chose. En fait, tu aurais certainement refusé radicalement.

Tiens, je commence à apercevoir la ’’fausse’’ statue d’Hachiko au loin.

Je suis sûr que j’aurais pu faire un pari avec Sanae sur ton refus, et j’aurais gagné haut-la-main. Bien sûr, puisque je gagne toujours.

Même si Sanae s’obstine à dire que je suis celui qui ait perdu notre duel. Absurde. J’ai appuyé sur la détente, pas toi. Pourtant, quelque part, j’ai aussi cette sensation d’avoir perdu.

Soupirant d’ennui intérieurement, je tourne à nouveau la tête dans ta direction alors que tu mentionnes les chansons stockées sur ton petit lecteur. Je l’admets, il est probable que je n’en connaisse aucune. En même temps, comment t’expliquer que… j’entends déjà de la ’’musique’’ à toute heure de la journée et de la nuit ? Alors en plus, lorsque mon Imagination s’en mêle… je pense qu’à priori, j’ai largement mes doses de musique chaque jour.

Bien que j’aimerais parfois en avoir l’opportunité. Je crois. Si je parviens à faire abstraction de tout.

C’était plus facile en tant que Composer, je pouvais directement bloquer les Musiques d’Âme, et mon Imagination était juste renvoyée dans Shibuya.

Quelques fois, j’aimerais vraiment pouvoir te faire écouter ce que j’entends. Même si ce n’est pas aussi beau qu’à Shibuya. Aucun monde ne peut rivaliser avec Elle.

« Penses-tu que j’en ai raté de vraiment bien ? Je veux dire, à part les merveilleux concerts de Def Märch et leur nouveau micro. »

Forcément, ils ont abandonné leur ancien micro malgré nos efforts pour les aider à résoudre leur mystère. S’il te plaît, rassure-moi que tu n’écoutes pas qu’eux. Ils ne sont pas mauvais, loin de là, c’est un peu le seul véritable groupe que je connaisse au sein de Shibuya. Notamment parce qu’ils sont des Reapers. Mais il y en a sûrement beaucoup d’autres, aussi bien des chanteurs solos qu’en groupe, pas vrai ? Même si j’étais ’’partout’’, je ne m’arrêtais pas sur la vie de chaque habitant.



Joshua ironise
en #DCB4FF
Revenir en haut Aller en bas
Neku Sakuraba
Psychomancer
Neku Sakuraba
F*ck off Messages : 18
Munny : 68
Date d'inscription : 16/12/2018
Voir le profil de l'utilisateur
Dim 17 Mar - 17:40
Je connais la réponse. La réponse à cette question qui tournait dans ma tête depuis un moment déjà. Je devrais être content, non ? J’ai enfin appris quelque chose de toi, et plutôt facilement pour une fois. Sans devoir passer par un interrogatoire, sans devoir me torturer l’esprit pendant des heures durant, sans devoir espérer que tu m’en dises un peu plus, que tu me dises même la vérité. J’en ai appris un peu plus, en l’espace d’une seule seconde, plus qu’en des dizaines d’heures de silence pesant. Je devrais être content mais... mais il n’y a que le goût amer de la bile qui m’envahit. Stupide. Stupide, stupide, stupide ! Je le sais, mais je ne peux pas m’empêcher de me sentir mal pour ce que j’ai fait. C’est tellement idiot ! Tu ne t’es jamais caché, ni même ressenti le moindre remords pour toutes ces fois tu t’es octroyé le droit de lire en moi. Facilement, d’un claquement de doigt, pour toujours mieux prévoir mes réactions, mes paroles et mieux les retourner contre moi. Je ne compte plus les fois où tu m’as manipulé, menti, sondé -même si je n’ai pas de preuve pour le dernier. Ne suis-je pas en droit de le faire aussi ? Une seule fois ? En réponse à tout ce que tu m’as fait subir ?! Je devrais... ! Mais... !

Mais non. I feel like shit. Je n’ai attrapé que quelques mots, d’un état d’esprit, et pourtant, j’ai compris beaucoup.

En une seule seconde.

Quelque chose que tu ne dis pas, quelque chose de précieux ? A force de tout garder caché, je ne sais pas réellement si ce que j’ai vu t’es important à tes yeux ou non.
Peut-être ? J’ai l’impression que oui ? Sinon, pourquoi avoir lancé ce sujet totalement anodin ? Tu ne fais jamais rien par hasard, tu ne dis jamais rien par hasard. Tu préfères qu’un silence de mort nous sépare plutôt que de remplir l’espace avec des banalités. Tu n’es pas comme tout le monde, et ça, ça me convient. Je n’ai pas peur du silence, s’il est confortable. Je n’aime pas vraiment parler pour ne rien dire, et tu le sais. Alors, je sais. Je sais que lorsque tu poses des questions, lorsque tu lances des sujets qui semblent venir de l’Oblivion, tu es un objectif caché derrière. M’appâter, ou juste me faire tourner en rond. Rien par hasard.

Ai-je été trop loin ?

C’est l’impression que j’ai. Je n’ai obtenu qu’une pièce du puzzle mais associée à d’autres... un début de réponse se forme. Parce que malgré tout... malgré tout, je cherche encore à te comprendre. Je m’y suis tellement mal pris, que je ne recommencerai pas de sitôt à mon avis. Au moins n’as-tu rien remarqué ? Ou tu ne le dis pas en tout cas. Les deux sont possibles. Je suppose que depuis que tu es devenu -redevenu- humain, certaines choses t’échappent. Tant mieux ? Quoique... je me demande si je n’aurai pas préféré que ton ton et ta langue acerbe m’éjecte de ton esprit. Je ne sais pas. Puisque le mal est fait, je vais garder tout ça pour moi, et continuer à tenter d’en savoir plus.

Je crois que j’ai compris, mais d’autres questions me viennent. Du ‘pourquoi’ au ‘comment’, en passant par ‘depuis quand’. Ta réponse m’aiguille un peu, mais je ne peux m’empêcher de penser que tu ne me dis pas tout. Oui, un Composer doit aimer toute sorte d’instruments, je le crois sans mal mais... Tu ne l’as pas toujours été. Même si tu n’en dis rien, même si en t’écoutant, on jurerait que tu n’as jamais été qu’un Dieu toute ton existence, je sais qu’il y a autre chose. Il y a un ‘avant’ que tu ne mentionnes jamais. Une idée floue émerge et se mêle à d’autres, et se mêle à mon Imagination toujours grandissante.
Je crois savoir définitivement. Savoir comment améliorer ce lieu qui ressemble à celui que nous connaissons, sans l’être réellement.

Peut-être arriverai-je à t’étonner, qui sait ?

Car nous arrivons bientôt. C’est un peu tard pour modifier mon plan de départ mais tant pis. Je ne maitrise pas toujours mes élans d’Imagination, contrairement à toi visiblement. Etrange à dire, mais c’est la réalité.
Le sais-tu ? Je crois que c’est la première fois que toi et moi, nous parlons réellement de musique. Non, j’en suis même sûr. Le sais-tu... ? Je n’ai pas souvent l’occasion d’en parler. Oh, ne te méprends pas. Beat, Shiki et Rhyme s’y connaissent un peu -Beat un peu plus que les autres d’ailleurs-, essaient toujours de m’écouter, mais il est parfois si difficile d’exprimer sa passion avec des mots... Surtout avec des personnes qui ne s’y reconnaissent pas. Pourquoi ai-je l’impression qu’avec toi, c’est différent ? Que pour la musique, que pour l’Art, que pour CAT, tu seras toujours d’une oreille attentive ? Idée stupide. Nos conversations sont à peine une distraction pour tuer le temps, n’est-ce pas ? Un Jeu. Parce que tout est un Jeu pour toi. Tu me l’as déjà prouvé plus d’une fois.
Ça ne m’empêche pas de vouloir te parler. Ça ne m’empêche pas de vouloir en savoir plus.
Je suis content de parler musique, même de ‘Def Märch’ et de son genre clairement de niche. Tu le devines bien, après le Jeu, je me suis intéressé à ce qu’ils font -ou faisaient. Ce n’est pas vraiment un groupe que je recommanderai aux novices, clairement pas même. Ils ont quand même réussi à faire leur trou alors leur fameux ‘micro’. Si on peut considérer un mégaphone comme un micro, évidemment. Ce n’est pas mon groupe favori mais cette originalité dans leur son est juste... unique.

Dis... Si tu n’es pas ‘si vieux’, si tu aimes la musique comme n’importe quel Composer, pourquoi t’es-tu autant coupé de celle-ci ? Alors que Shibuya est -était- un tel vivier de talent ?
Encore des paroles que je ne vais pas prononcer.

Malgré cette culpabilité au fond de la gorge, je parviens à lâcher un rire léger à tes paroles. Pas grand-chose, tu sais que je ne suis pas de ce genre-là, mais parler musique et d’un groupe si particulier... Yeah, disons que j’aime ça.

« De vraiment bien ? Tu as raté des tonnes de groupes je parie ! ‘Def Märch’ a définitivement un style unique, mais ils sont loin d’être les seuls ! » Je crois que je commence à m’emballer un peu. Juste un peu. « Je ne sais même pas par lequel commencer... Shibuya a le chic pour faire émerger de vraies perles ! Rien à voir avec ici ! »

Autant j’apprécie San Fransokyo de nous donner un toit et un lieu où rentrer, autant en dehors de l’apparence extérieur on remarque bien vite la différence avec Shibuya. Ce n’est juste pas la même âme, aussi fou que mes paroles sonnent.

« Hm... » Une idée ? On dirait. « Je sais ! Franchement, ça m’étonne que tu ne t’y sois pas intéressé plus tôt mais... »

En même temps, tu ne m’as jamais montré ton intérêt pour la musique avant aujourd’hui, et avant que m’invite dans tes pensées. Je retire mon casque, trônant toujours fièrement autour de mon cou, et m’approche de toi. De la musique s’en échappe constamment, même quand je ne le porte pas. Juste un bruit de fond me suffit souvent. Rapidement, je le place sur tes oreilles avant de m’éloigner d’un pas. Il m’a couté une fortune à l’époque, un casque sans fil au design exclusif.

« Si tu le casses, tu peux être sûr que je te foutrai à la porte ce soir. Now, Enjoy»

Je ne suis même pas certain de plaisanter. L’instant d’après, j’augmente le volume sur mon baladeur et lance la fonction ‘aléatoire’. Un concentré des dernières tendances en matière de musique à Shibuya. Si ce que mon idée me dit est vrai, j’ai une chance sur deux de te faire avoir une crise cardiaque. Mais une fois encore, si tu supportes ‘Def Märch’... Yeah, ça va aller.
Ça y est, nous sommes arrivé à ce pseudo-Hachiko... Mais avant de le maculer, de l’améliorer, nous avons bien quelques instants non ? Pour une fois qu’on ne passe pas notre temps à se battre ou à s’ignorer.

Mon œuvre peut attendre quelques instants.


Mon 'monde' s'agrandit en #ffcc00
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
 Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Hellcannon, proxy pour daemon majeur
» Eléments pour jouer à travers un proxy (c-a-d au taf)
» BLOODY SUNDAY || Act #2
» ☴ oh dear, we are in trouble
» Les religieux s'unissent

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Beyond the Keyhole :: Expositio. :: Villes & Villages. :: San Fransokyo.-
© Beyond the Keyhole, 2018 - toute reproduction est prohibée.