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Lazy Sunday † [ PV : My Dear Proxy, Neku ♥ ]
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Yoshiya J. Kiryu
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Mer 19 Déc - 8:25



Lazy Sunday †





Assis sur le canapé, je lève les yeux de mon téléphone portable pour regarder l’horloge murale dont le rythme du tic-tac m’irrite plus qu’autre chose. À chaque fois, je lui retire ses piles pour faire cesser ce son lassant et répétitif. Pire que le son de statique de l’UG. Et Neku finit toujours par la remettre à sa place. Soupirant, je reporte mon attention sur le petit écran lumineux indiquant 5h26. Difficile à dire, est-ce que je ne trouve pas le sommeil ou est-ce que je me force encore à rester éveillé. Très certainement les deux. Mon cher colocataire va à nouveau être en colère. Ou exaspéré, au choix. Que puis-je y faire ? Dormir sonne comme une corvée digne d’un Humain, pas—…

La suite de mes pensées se coupe nette lorsque la réalité me rattrape pour la millionième fois. Je referme mon téléphone à clapet et me laisse tomber sur le divan. Si je me souviens bien, nous sommes dimanche. Le temps a l’air de passer beaucoup plus vite, désormais. Le dimanche, Neku désire toujours aller à cette ’’fausse’’ statue d’Hachiko. Brave chien qui a tant attendu son maître en vain. Au moins, peut-être ont-ils eu la chance de se retrouver au paradis. Cette ville, San Fransokyo, je ne sais pas si je l’aime. Je la tolère, mais certains endroits me rappellent tellement Shibuya que ça fait ’’mal’’. Je ne sais pas quels mots mettre sur ce ressenti. Peut-être qu’il n’est même pas possible d’en mettre.

Mon cher, cher partenaire semble s’être adapté, en quelque sorte. D’une manière ou d’une autre. Je n’y parviens pas aussi bien. Cette ville… je peux entendre la Musique d’Âme des habitants, mais pas celle de la ville. C’est comme… comme si elle était morte. Pas vivante comme Shibuya. C’est désagréable. Et vide. Les Humains ont généralement mal à la tête quand il y a trop de bruit. Pour ma part, j’ai mal parce que je ’’n’entends’’ rien. Pas de pensées des habitants, juste les miennes, le néant. Comment pourrais-je réussir à m’adapter quand j’ai passé plus de temps en tant que Composer qu’en simple Humain lambda ? Je soupire une seconde fois avant de fermer les yeux, bercé partiellement par la Musique la plus proche.

« Neku, tu aurais pu éteindre la radio avant d’aller dormir, franchement. »

***

Je me réveille brusquement à cause d’une forte sensation de froid. Je me redresse sur le canapé en me frictionnant les bras. La couverture que Neku m’a dit de garder pour me couvrir, une fois, jonche misérablement sur le sol. Oh right. Les Humains peuvent avoir froid, c’est vrai, et en tomber malade aussi. Lovely. Je jette un coup d’œil à la pendule qui dit 8h43 maintenant. Apparemment, j’ai réussi à dormir quelques heures. Je présume que c’est mieux que rien. Et avec la lumière du jour qui perce à travers les rideaux, je doute de pouvoir me rendormir. Je ramasse la douce couverture chaleureuse pour m’emmitoufler à l’intérieur, ne gardant que mes mains de sortie pour attraper mon portable orange et l’ouvrir, le fond d’écran s’illuminant devant mes yeux. Fond d’écran que je pourrais juste rester là à contempler pendant des heures sans parvenir à me lasser.

C’était vaguement mon intention jusqu’à ce que je sente une sorte de torsion dans mon estomac suivie d’un léger grondement. Et voilà le premier soupir de la matinée qui commence. Fichu corps humain, et ses besoins idiots comme manger. Je tourne un instant la tête vers l’entrée de la cuisine avant de m’engouffrer davantage dans la couverture, décidant d’ignorer la faim. Est-ce que Neku dort encore ? La Musique m’indique seulement qu’il est toujours dans sa chambre. Peut-être en train de préparer ses pots de peinture aérosols pour plus tard. Nous sommes dimanche, la journée que j’ai, en quelque sorte, appelée ’’la sienne’’. Et que j’appelais ’’ressuscitation’’ auparavant qui me laissait vide d’énergie à la fin.

Devrais-je… ? Je suppose qu’il serait au moins un peu content ? Je me replie encore plus sous ma couette de fortune, ne regardant rien en particulier et laissant juste divers scénarios traverser mon esprit. Pas exactement de bons scénarios. Mais ceux qui finiraient bien paraissent trop improbables. Je pose mon menton sur mes genoux, les enserrant de mes bras. En plus, je risque de me brûler d’une manière ou d’une autre sans mes pouvoirs pour m’aider. Qu’est-ce que dirait Shibuya en cet instant précis ? Sûrement quelque chose comme : ’’Tu te dévalorises toujours, Yoshiya. Mais tu fais du meilleur travail que tu ne le penses, regarde.’’, et elle me montrerait des rues animées et pleines de vie ici et là.

Un faible gémissement termine étouffé dans le drap, et je redresse la tête peu après, alerte pour quiconque aurait entendu ça. Même si seulement une personne pourrait. Je prends une inspiration avant de me lever, la couette encore posée sur mes épaules. Je me dirige vers la cuisine, puis l’un des meubles pour trouver la bouilloire et les grains de café. Peu importe à quel point tout peut être fait par des machines dans ce monde, ce cher rouquin tenait absolument à faire du café à l’ancienne. Comme Sanae, évidemment. Well, il faut mouler les grains en premier selon la recette qu’il m’a enseignée lorsque j’étais encore en vie. Shibuya, cruelle es-tu de m’avoir ramené à ce temps d’être humain. Je n’ai pas l’impression d’être à ma place parmi eux. Forcément quand on ’’entend’’ des Musiques, on n’est clairement pas normal pour la population. De la même manière que je ’’voyais’’ le Jeu. Monstre rejeté par la société. Neku me voit-il comme ça également ?

« … »

Le café ne va pas se faire tout seul. Je moule – bien que le terme ’’essayer’’ serait plus correct – les grains afin de les changer en une sorte de poudre marron comme de la terre sèche. Fronçant les sourcils, je la verse ensuite dans un récipient triangulaire et appuie sur un bouton qui met en marche l’appareil, ce dernier s’occupant de réchauffer la poudre pour la changer en liquide. Au moins, ça semble fonctionner ainsi. Remettant la douce couverture tombante sur moi, je tire une chaise pour m’y asseoir et attends, le regard fixant le mur blanc sans vraiment le regarder et me rendormant à moitié assez involontairement.



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Neku Sakuraba
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Jeu 27 Déc - 18:58
Same street...

Jamais cette expression ne m’a paru à la fois si juste et erronée. Ce n’est qu’une simple marche sur le chemin du retour. Une simple marche au travers de ces rues que je ne reconnais pas, mais auxquelles je ne cesse de découvrir des détails qui m’écorchent un peu plus. Un panneau publicitaire gigantesque, des gens à perte de vue qui ne regardent pas devant eux, trop pressé de rentrer pour cela, une musique rythmée qui sort du casque d’un jeune, deux copines qui discutent sur un banc des dernières tendances du moment. Même si tout est différent ici, je ne peux m’empêcher de relever les ressemblances entre ce monde et celui que j’ai perdu.

C’est perturbant. Surtout pour une simple marche qui ne fera que me ramener chez moi.
Enfin, ‘chez moi’, disons dans l’endroit où j’ai fini par crash, trop las de rester un SDF. L’endroit où nous avons crash.

Est-ce pour cela que tu sors si peu ? J’avoue, parfois, je dois me forcer pour sortir de cette chambre où tu te refuses à entrer. J’avoue, souvent, lorsque la nuit vient, j’ai toutes les peines du monde à fermer les yeux et à m’endormir.

Le sais-tu ? L’as-tu remarqué ?

Où n’est-ce qu’un embarras de plus sur lequel tu ne te pencheras pas ?

Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je crois que j’aime à penser que si tu ne sors pas, c’est pour ne pas te prendre de plein fouet ce simili-Shibuya qui a vaguement son apparence sans avoir son âme. Je trouve cette ville... creuse. Vide ? Elle manque de ce pouls, de cette vague qui faisait bouger Shibuya.

Je ne te le dis pas, je ne te le dirai jamais je crois.

Ce n’est qu’une marche de retour. D’un point A à un point B, tous deux bien défini. Pourtant, mes pas sont lourds. Je n’ai pas envie de rentrer. Pas en sachant ce que je vais retrouver. J’ai cette image gravée sur ma rétine, gravée dans ma tête, en à peine quelques semaines.
Cette image de toi, éteins, vissé sur ce canapé à zapper sans regarder ce ‘vieil’ écran de télévision jusqu’à trouver une de ces émissions pour gosses qui te vide le crâne en moins de deux.

Je crois que je n’avais jamais autant haï les chaines spécial dessin animé avant ce jour.
Je n’ai pas envie de rentrer, et pourtant, je me hâte à le faire. Je me persuade que seul, il t’arrivera des ennuis. Que seul, tu finiras par t’éteindre définitivement. Cette enveloppe humaine est si faible, n’est-ce pas ?

Ce n’est pas la réalité. C’est une mauvaise blague figée et qui n’a pas de chute.

Je n’ai pas envie de rentrer, et pourtant, je suis déjà devant la porte d’entrée. Et pourtant, mon trousseau de clefs se tourne une fois, deux fois, jusqu’à entendre ce petit ‘clic’. La scène se répète, cassette mal rembobinée. Toi et moi n’avons que peu de mots à échanger, nous en avions plus avant. Ou peut-être pas. Deux ans. Sais-tu à quel point c’est long pour un adolescent ? Je crois que tu t’en fous. Je crois que tu t’en fous.

Qu’est-ce que la vie d’un seul et simple humain face au pouvoir que tu avais ?

Je crois que tu t’en fous.

Alors c’est ces mots coincés dans ma gorge que je rejoins la chambre. Notre chambre, ma chambre, puisque tu ne daignes même pas la partager avec moi.

Parfois, en tournant la clef dans la porte, j’ai l’impression que je ne te trouverai pas en entrant.
Est-ce normal ? Je n’en sais rien. Je n’ai pas envie d’y penser. Pas après ces heures de boulot qui m’ankylosent les épaules et mon peu de réflexion qu’il me reste. Alors, pour les quelques temps avant le black-out, je vais m’immerger dans mon monde. De tout mon saoul, noircir le papier d’encre, me noyer des mélodies qui pincent mon âme autant qu’elles m’exaltent.

Tu le sais, n’est-ce pas ? Je n’ai pas besoin de te le rappeler. Demain, nous sommes dimanche. Le dimanche, c’est le jour où je retrouve mes amis. Même lieu, toujours le même lieu. Tu le connais, n’est-ce pas.

La Statue d’Hachiko.

Son réplica futuriste devra faire l’affaire. La marque que je compte lui appliquer demain soir également.
***************

Hm ? Quand est-ce que je me suis endormi ? Impossible de le savoir. Heureusement, j’ai eu la présence d’esprit d’aller m’écraser sur mon lit, au lieu de me casser le dos sur le bureau. Lucky me, I guess. Vaguement éveillé, une pression sur mon portable m’indique l’heure. 9h03 ? J’aurai bien dormi une heure ou deux de plus, mais je vais quand même me lever. Aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres, car aujourd’hui est le jour où je nous force à sortir, souvent en vain. Qu’importe. Qu’importe que tu ne veuilles pas, qu’importe. Je préfère ça à végéter toute la journée ici, à étouffer dans ce silence.

Ce silence de mort ? Ah, ah... non. Pas dès le matin.

Je crois que ce qui m’a réveillé, c’est ça. Une odeur bizarre. Familière aussi ? Un peu. Une odeur anormale mais familière... une odeur de café cramé. Une odeur que je connais par cœur. Je fronce les sourcils, sans comprendre l’évidence. Qui ? Qui a touché à cette ‘antiquité’ qui ressemble tant au nec plus ultra de Shibuya en matière de machine à café ? A part moi, il n’y a que toi ici.

Aurais-tu essayé de faire du café... ? Ou juste brulé les grains par dépit ?

Shit, tout ça me ramène trop en arrière. Secouant la tête pour dissiper les images du WildCat, je finis par quitter la pièce et par traverser le couloir qui me sépare de la pièce commune. L’odeur s’aggrave ou c’est moi ?

C’est attablé et somnolant que je te retrouve. Une couverture sur les épaules, tu sembles proche de rejoindre les bras de Morphée. Tu n’as pas beaucoup dormi, n’est-ce pas ? Pas besoin de parole pour le comprendre. Ça se voit, ça se sent. Et je ne sais pas si je vais pouvoir m’habituer à cette image de toi un jour. Je lâche un discret soupir. Combien de fois ne t’ai-je pas dit de dormir convenablement ? Pour ton corps, pour ton état mental, pour tout. Les humains ont besoin de dormir, voilà tout. Mais tu ne le fais pas, qu’importe ce que je dirai.
Je n’ai pas envie de te ménager sur ce sujet. J’en ai même marre de ce flottement incertain.

« Laisse-moi deviner : tu n’as presque pas dormi de la nuit. »

Alors tant pis si tu pensais te rendormir tranquillement en attendant le café. Est-ce que tu en bois seulement ? Je m’approche de cette œuvre incertaine et fronce les sourcils face à ce spectacle incompréhensible. Je vérifie le niveau d’eau de la machine, avant de comprendre qu’il n’y en a tout simplement pas. Je ne vais même pas commenter l’état des grains de café. Ou peut-être que si.

« C’est un nouveau moyen sophistiqué pour me tuer ? Ou t’as réellement essayé de faire du café ? » Un nouveau soupir, incertain du but de tout ceci. Il y a trop de marc, mais si j’ajoute suffisamment d’eau, ça devrait pouvoir passer sans trop de dommage. « Je croyais que Mr H. t’avait au moins montré ça. »

Ce nom noue ma gorge mais je le prononce quand même. J’avoue, je n’ai pas compris ce que tu as tenté de faire. Est-ce... pour moi ? Ou pour te moquer de moi ? La frontière est souvent si mince. Je ne suis pas habitué à recevoir de l’attention sans contrepartie de ta part. Les habitudes ont la vie dure, spécialement quand on habite avec son meurtrier.
Finalement, je complète cette recette incertaine, ajoutant l’eau manquante au réservoir et sortant deux tasses de l’armoire. J’en pose une face à toi, la question ne se pose même pas, tu en boiras.

« Je ne te demande pas si tu as bien dormi. J’espère que tu te souviens de ce qu’on a à faire aujourd’hui ? »

Quand ? Quand arrêterai-je d’être si froid ? Quand arrêterai-je de t’en vouloir, tout en cherchant sans arrêt à te relever ?

Je ne sais pas.

Je ne sais pas pourquoi cette vie me met en colère.


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Yoshiya J. Kiryu
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Lun 7 Jan - 12:23



Lazy Sunday †





Il y a une odeur étrange et désagréable désormais. Je n’ai pas la moindre idée d’où elle provient, mais ça me tire hors de mon espèce de demi-sommeil. Je cligne des yeux, essayant de les humidifier alors qu’ils se sont asséchés à force de fixer le vide, et resserre la couverture autour de moi pour me réchauffer. Je fronce le nez tandis que l’odeur non-identifiée s’amplifie, devenant plus forte et insupportable. Une chose est sûre, la source n’est pas loin. Je suis sur le point de me lever pour chercher l’origine quand Neku entre dans la cuisine à son tour. Il a dû aussi être attiré par l’effroyable odeur. Ou par la fameuse ’’faim’’ dont sont victimes les Humains.

Enfin, même si apparemment, commenter mon évident manque de sommeil est plus intéressant à son goût que s’occuper de la chose, quelle qu’elle soit, qui provoque cette odeur piquante. Pas nauséabonde, c’est un avantage, juste piquante et affreusement gênante. Un peu comme celle d’un feu de forêt, ou au moins proche de ça, en quelque sorte. Aussi loin remontent mes souvenirs, avec ou sans ceux aléatoires que je possède sur le quotidien des habitants de Shibuya, ils ne suffisent pas pour reconnaître précisément l’odeur agaçante. Wonderful.

Toutefois, Grand-Sauveur-Neku semble savoir puisqu’il se dirige immédiatement vers la machine à café. Je croise les bras en silence. Sanae, laisse-moi deviner, j’ai réussi à rater la recette que tu m’as enseignée, il y a plus de cent ans. Lovely. Voilà que je commence à m’adresser au vent, moi aussi. Well, peut-être que ça lui parviendra d’une manière ou d’une autre, comme les pensées de mon cher, cher partenaire m’étaient parvenues. Quoi qu’il en soit, ça ne me surprend pas exactement d’avoir raté le café. La recette ne m’a jamais servi donc je l’ai oubliée en partie. Soit c’était Sanae qui m’en préparait, soit c’était avec mes pouvoirs. Practical.

Aux questions de Neku, un soupir menace de s’échapper de mes lèvres mais je le retiens. En temps normal, j’aurais certainement répondu quelque chose comme : « On dirait que quelqu’un est amer dès le réveil. » Sauf que je ne suis pas d’humeur à répliquer à ses reproches, surtout que j’aimerais déjà réussir à m’excuser, assez en vain. Alors j’ai opté pour garder le silence, ne confirmant ni ne réfutant ses propos. De toute façon, nous savons tous les deux que si je l’avais vraiment voulu, j’aurais sûrement pu le tuer bien plus tôt. Maintenant, rien que la pensée me retourne l’estomac. Quelle ironie quand ça ne m’a pas dérangé de le faire, deux ans plus tôt.

Mais ça, Neku n’a pas besoin de le savoir. Savoir quoi, exactement ? Je me rassois sur ma chaise tout en l’observant ajouter de l’eau. Effectivement, j’ai le vague souvenir de présence d’eau dans la recette. Une sorte de silence se pose, seulement rompu par le brassage régulier de la machine. Et par les Musiques, à la différence que celles-ci, je suis le seul à les percevoir. Ça laisse un peu moins ’’vide’’ mon esprit, alors je suis assez reconnaissant que cette capacité me soit restée. Cependant, ce n’est pas tout à fait agréable que la Musique la plus proche chante aussi aigre que les paroles de son propriétaire.

Voyons, au moins, j’ai dormi au lieu de m’effondrer au bout de trois ou quatre jours sans avoir fermé l’œil du tout. Je doute d’avoir un sommeil convenable comme n’importe quel Humain, un jour. Je fredonne à voix basse, plus à moi-même qu’autre chose, une mélodie quelconque, incertain de ce que je suis même censé répondre. Ça sonnait plus comme une banale déclaration qu’une véritable question, mais peut-être en était-ce une réellement. Alors je reste là, les yeux fixant le bois de la table et enroulant mes mains autour de la tasse pour le moment toujours froide, en attente du café.

« Bien sûr que je m’en souviens, très cher. »

Difficile d’oublier cette journée, tous ces dimanches, seule journée où je daigne… où Neku me traîne hors de l’appartement. Affronter ce monde qui ressemble partiellement à Shibuya me laisse un arrière-goût aussi amer que le café. C’est insupportable. J’ai l’impression de trahir ma Ville. Sauf que ce monde ne ’’m’appelle’’ pas, ne ’’me reconnaît’’ pas, et c’est mieux ainsi. Qu’il reste ’’vide’’, sans Âme. Aucun Jeu qui nécessite d’être dirigé. Ça aurait été perturbant sinon, et j’aurais probablement fui dans n’importe quel autre monde, loin de celui-ci. Finalement, avec un effort, je lève les yeux vers l’autre garçon.

« Alors, Monsieur-Je-Prône-l’Art-de-CAT, que comptes-tu laisser comme marque, cette fois ? De nouvelles œuvres en perspective ? »

Quand bien même mon intérêt semble particulièrement limité, intérieurement je suis réellement curieux de savoir ce qu’il va faire. Son Imagination est toujours aussi impressionnante, même dans ce monde. Je… j’aime voir ses œuvres, et c’est bien la seule raison pour laquelle j’accepte de l’accompagner jusqu’à la statue d’Hachiko. Enfin… peut-être que je ne viendrais pas si ses amis étaient également dans ce monde. Afin de ne pas déranger, ou peu importe pourquoi. Si je devais… contribuer, en quelque sorte, j’utiliserais plutôt la musique que l’art. À chacun ses goûts, pas vrai, Neku ?



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