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I have the heart of a small boy. It is in a glass jar on my desk.
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Lonán
Shadow Dancer
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Lun 22 Oct - 20:54
Lonán.
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ATTAQUE
★★★★★☆☆☆☆☆
DÉFENSE
★★★★★★★★☆☆
MAGIE
★★★★★★★★☆☆
SOIN
☆☆☆☆☆☆☆☆☆☆
VIE
★★★★☆☆☆☆☆☆


Prénom : Lonán. Dans son monde natal, il était connu sous le nom de Noctis. Il fut surnommé Jin durant son séjour au Land of Dragons.

Âge : 33 ans.

Groupe : Wanderers of Dawn and Dusk.

Classe : Rogue. (+2 défense, -2 vie)

Sous-classe : Shadow Dancer. (+1 défense, -1 soin)

Type d'arme : Les épées courtes, les dagues, les illusions et les ténèbres sont ses armes de prédilection. Il s'est entraîné au sabre et au kung fu lors de son séjour au Land of Dragons, mais considère cela comme un hobby plutôt que d'en faire de réels moyens de défense.

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Type préféré de combat.

Lonán ne semble guère prendre les combats au sérieux et, par chance, il ne semble guère en avoir besoin. Joueur, il s'amuse plus qu'il n'attaque, son regard doré restant rieur au coeur de l'affrontement. Il semble détendu, trop sûr de lui, et puis soudainement voilà qu'il effectue un tour de passe-passe, qu'il surprend d'un mouvement vif et imprévisible, achevant le combat aussi rapidement qu'il a commencé.

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Habiletés spéciales.

Shadow Dancer : Dance of Shadows : Boost de +5 aux attaques pour 3 tours.

Personnel : Veil of Illusions : À l'aide de ses illusions, Lonán trompe son adversaire, ce qui lui permet d'esquiver les attaques dirigées vers sa personne avant de frapper de + 10.
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Caractère.

Si on le connait mal, Lonán donne l’impression d’un individu souriant, détendu, qui ne s’inquiète que de très peu de choses. On le sait blagueur, narcissique, arrogant, mais aussi paresseux, égoïste et immature. Il fait à sa tête sans considération pour les autres et se plait à aller et venir au rythme de ses envies. Sans doute est-il la dernière personne à qui l’on irait demander de l’aide pour la simple et bonne raison qu’il n’a pas vraiment l’air fiable. A contrario, il donne aussi l’impression d’un homme charismatique, confiant, ingénieux et curieux. Capable de captiver un auditoire en un clin d’œil, on aime détester le pouvoir magnétique qu’il exerce sur autrui aussi facilement qu’il respire.

Lorsqu’on a entendu parler de son passé, on comprend qu’il est manipulateur, menteur et sans scrupules. Il manque d’empathie, ne se soucie que de ce qui lui profite et chasse le reste du revers de la main. On le sait aussi cruel, guère étranger à la torture et à d’autres stratagèmes tout aussi peu humains. C’est le genre de personne qui sait mentir sincèrement, ne se privant jamais d’inclure des doubles sens en ses paroles pour brouiller les pistes en vous partageant une vérité si incroyable qu’on l’ignore volontairement. Lui faire confiance est assurément une décision de dernier recours.

Ce n’est toutefois que lorsque l’on s’intéresse à son parcours complet que tout commence à faire du sens. Né dans un environnement très académique, Lonán adore les inventions, les gadgets et les réflexions poussées. Son esprit est agile et sa créativité en fait un être plus sensible et plus nuancé que ne le suggèrent les apparences. Également, il a pris l’habitude de perdre ce qu’il considérait comme sa maison. Le résultat est un homme nostalgique, qui chérit ce qu’il a sans rien prendre pour acquis. Malgré son complexe de supériorité, le temps et les aléas de la vie lui auront permis de se trouver une conscience. À présent, l’oiseau noir est accablé de remords, ceux-ci représentant l’un de ses nombreux secrets.

Histoire.
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Tristis Metropolis.

Noctis Astra Auream, fils de Magnus. Tel est le nom que je reçu à ma naissance, au sein d’un monde à présent éteint depuis longtemps. Un endroit fascinant où la pluie tombait à un rythme ne rivalisant qu’avec l’esprit de ses inventeurs. Des hommes fiers, à la répartie vive et à l’humour sec, n’ayant pour seule considération l’avancement de la science et de la magie. Chapeaux haut de forme, cannes faites de bois sombre et montre à gousset étaient les accessoires par excellence de ces aristocrates. Ce que j’aurais donné, à l’époque, pour avoir le droit de porter la redingote de mon père. Magnus Astra Auream, fils de Fulgens, faisait partie de cette élite, de ce groupe fermé d’hommes se rencontrant dans l’un de leurs clubs huppés pour discuter de l’avenir de ce monde. Mage et ingénieur reconnu et respecté pour ses créations, tous s’entendaient pour dire qu’il avait mauvais caractère, s’interrogeant sur comment diable il avait fait pour conquérir sa femme. Gratia Auream, femme de Magnus, était une illusionniste de grand talent à l’imaginaire coloré, sensible et complexe. Une grande dame visiblement douce, patiente et lumineuse. Les petites gens se déplaçaient en grand nombre pour venir admirer ses performances dans le grand Théâtre. Et moi ? Je me faufilais dans les coulisses, aux premières loges de ces représentations divines, évoluant de soir en soir. Chaque expérience était unique et c’était sans doute ce qui contribuait à sa popularité.

Ce qu’ils ignoraient, toutefois, c’est la rigueur avec laquelle la dame élevait son fils. Lorsqu’elle découvrit que son talent m’avait été transmis, il était hors de question de me laisser échapper à ce destin d’artiste. Moi qui étais pourtant plus intéressé par les mécanismes et les moteurs que dessinait mon père, je devais me contenter de longues soirées d’exercices et de répétition. Elle voulait me voir suivre ses traces, participer à des concours, faire parler de moi. En comparaison, j’étais fort heureux de passer du temps avec mon père, lui qui me laissait fouiner dans ses livres et qui, parfois, m’offrait un carré de chocolat en secret. Il me décochait un sourire en coin et me faisait signe d’approcher avec son index, la malice plein les yeux. Magnus regardait à droite et à gauche, comme s’il eut craint qu’apparaisse ma mère de derrière une bibliothèque. Puis, il en cassait un morceau qu’il venait déposer au creux de ma main avant d’en détacher un autre pour lui-même. Venait alors le clin d’œil complice, que je lui retournais, promesse de garder cela entre nous. Comme les autres gentlemen de la Metropolis auraient été surpris, s’ils avaient su comme agissaient réellement mes parents derrière les portes closes.

Nul ne sait comment l’invasion a commencé. Des créatures noires comme la nuit ont fait leur apparition. Ce n’était, au départ, qu’un phénomène isolé. Des rumeurs, des légendes urbaines. Bien sûr, les têtes pensantes de ce monde s’intéressèrent à ces ombres mystérieuses, partageant les hypothèses les plus abracadabrantes devant une tasse de thé. Des djinns, disait l’un. Des revenants, clamait l’autre. Mais non, que de foutaises, il s’agissait bien évidemment de goblins, prétendait un dernier. Le consensus ? Ils ne pouvaient être ignorés. Ce qui devait être fait ? C’est là que les avis étaient partagés. Pire, le Cercle se scinda en deux camps distincts. Mon père était de ceux avançant qu’il était impératif de trouver un moyen de chasser ces envahisseurs avant que le pire ne se produise. En face, toutefois, les individus plus ambitieux, trop fiers pour se dresser contre le progrès inévitable de la science et de la magie, arguaient plutôt pour la nécessité de mettre à profit ces petits démons. Les incessants débats ralentirent grandement leur réaction, poussant certains à prendre les devants par eux-mêmes, sans se soucier des décisions de la majorité qui, de toute façon, tardaient à venir. C’était le début de la fin.

Je me souviens de cette fameuse journée. Ma mère et moi-même nous étions enfermés à double tours, volets clos. Dehors, les bruits des moteurs, des klaxons et des cris nous parvenaient en un brouhaha terrifiant, mais lointain. La panique régnait et nul ne savait comment se protéger. La populace tentait de fuir la Metropolis, chacun désireux de sauver sa peau. Les bourgeois tremblaient dans leurs jolies voitures, invectivant les petites gens qui couraient dans la rue en transportant les valises de leur famille. Les yeux clos, je tentais de rester sourd aux échos de scènes déchirantes, aux cris de panique lorsqu’un enfant apercevait l’une de ces créatures malfaisantes se glisser hors d’une ruelle. Puis, le miracle. Mon père passa finalement le seuil de notre demeure, venant nous retrouver dans le placard de la bibliothèque en hâte. Il était temps de partir. Nous devions rejoindre deux de ses collègues ainsi que leur famille respective. C’est par dirigeable que nous quitterions la Metropolis, au-dessus du chaos. Nous courûmes au milieu des gens paniqués, nous tenant par la main aussi fort que nous le pouvions.

Entre les illusions de ma mère et la puissante magie de mon père, nous gagnâmes notre destination, indemnes. Le mal, toutefois, était déjà fait. Dans le ciel, au milieu de la pluie et des nuages grisâtres de Tristis Metropolis, le dirigeable avait quitté le sol sans nous. Nous n’avions à présent nulle part où aller. Les ténèbres nous entouraient, des vagues de créatures noires aux antennes dansante déferlant dans les rues de la cité de cuivre. Ce n’était plus qu’une question de temps avant que la nuit ne tombe sur la métropole, laissant cette étoile mourir à jamais.


Solaistír.

Je me réveillai dans un monde qui n’avait rien de la rutilante et moderne Metropolis. J’étais seul, n’ayant pour seules possessions que les vêtements que j’avais enfilés le matin de la tragédie. Laissé à moi-même, les genoux en sang et les yeux en pleurs. J’avais beau implorer dans le vide, appeler mes parents, espérer être retrouvé, rien. Je fus bien obligé de me relever, de quitter la ruelle où j’avais atterri et de tenter de trouver des repères. Avançant d’un pas difficile, la gorge en feu et une jambe affaiblie par une blessure dont j’ignorais la provenance, j’eu ma première impression de Solaistír. Un monde où personne ne parlait la même langue que moi. Un endroit où l’on se fichait bien d’un gamin perdu et terrifié. La première nuit, je la passai à sursauter, à prendre la fuite pour échapper aux lumières omniprésentes, aux moindres bruits terrifiants. Je n’ai trouvé le sommeil qu’au petit matin, caché dans un buisson.

La faim est venue ensuite. J’ai chassé une araignée de mes cheveux et j’ai repris mon chemin, longeant les murs et gardant la tête baissée. Ce ne fut bien sûr pas suffisant pour me tirer d’affaire. J’attirai rapidement l’attention d’un groupe de petites brutes, me faisant arracher le dernier souvenir tangible que j’avais de ma vie d’autrefois : une montre à gousset ayant appartenu à mon père. La lèvre en sang, hoquetant et pleurant, j’implorai une vieille dame de me laisser lui prendre un bout de pain. Elle me chassa sans ménagement, me crachant des paroles incompréhensibles sur un ton de mépris jusqu’à ce que je cesse de mendier devant son étalage. Je continuai à déambuler pendant des jours, des semaines. Si j’avais été plus vieux, peut-être aurais-je vécu cette expérience comme une leçon importante. Peut-être, si j’étais plus mature, aurais-je pu penser aux gens de Tristis Metropolis qui vivaient dans la pauvreté pendant que je profitais de tous les privilèges. Du haut de mes huit ans, toutefois, je ne développai rien de plus que du mépris et de la haine pour ces inconnus.

Ils étaient sales. Leurs rires me paraissaient stupides. Leur mode de vie était arriéré, la technologie inexistante. Leurs vêtements étaient à des années de l’élégance des gens de la Metropolis. Pire, ils n’avaient aucune des valeurs de nos penseurs. Aucune vision, aucune ambition humanitaire, aucun amour pour l’art ou la créativité. Que des charrettes, des maisons de pierre et des murailles risibles. Il était plus qu’évident que mes connaissances en mathématique, en ingénierie et, pour faire court, en tous les domaines, dépassaient de loin celles de ces êtres sots au langage étrange. J’étais meilleur qu’eux, plus intelligent, plus vif d’esprit, plus imaginatif. Pire, j’arrivai à me convaincre qu’ils ne méritaient pas mon respect, que leur infériorité et leur manque d’humanité envers moi m’autorisait à contre-attaquer. La première fois que j’effrayai quelqu’un avec mes illusions, je m’en félicitai pendant deux jours. J’étais si heureux. Pour la première fois depuis que j’étais tombé dans ce monde inconnu, j’avais réussi à me défendre, réussi à les remettre à leur place et à les apeurer plutôt que d’être la victime de leurs moqueries et de leur mépris.

Ce fut le début d’une nouvelle ère pour moi. Pour la première fois, j’employai mes capacités d’illusionniste pour inspirer la crainte, le dégoût, la fuite. C’était facile, tout le monde avait peur de la même chose. La nuit, le noir, c’est fou les mesures qu’ils pouvaient prendre pour s’en préserver. Il me suffisait de leur faire voir ce que j’avais vu. De faire apparaître pour eux les créatures sombres, de me déguiser en celles-ci. C’est comme ça que je pu recommencer à me nourrir, que je pu me venger de ceux qui s’étaient amusés à me chasser et enfin retrouver une certaine impression de contrôle. Je n’étais plus forcé de subir. Plus forcé de boire à même les flaques d’eau sale créées par la pluie. Je repris un peu de poids, soulagé de voir que je pourrais plus facilement combattre la maladie, mon corps peinant à s’adapter à mon nouveau mode de vie. Quelques semaines de plus s’écoulèrent alors que je continuais à lentement prendre mes marques, à ne plus ressentir les scrupules du début. Malheureusement, ce que j’ignorais, c’est que mes petits tours de passe-passe allaient attirer l’attention d’un groupe particulier d’individus. En ce monde, on ne pouvait se revendiquer maître des ombres sans passer par leur approbation. Peu contents des rumeurs qui circulaient par ma faute, craignant que cela leur nuise ou leur apporte trop d’attention, il fut décidé que la source de ces apparitions devait disparaître.

C’est elle qui fut envoyée. La plus dangereuse d’entre tous, mais aussi la seule qui avait le cœur assez aimant pour accorder sa miséricorde à un enfant perdu. Je me réveillai dans son antre, désorienté et apeuré. J’aurais bien voulu prendre la fuite, m’en aller, retrouver mes cachettes devenues habituelles et échapper à cette nouvelle menace. Je compris toutefois rapidement que cela n’était pas dans mon intérêt lorsqu’elle m’offrit à manger. Soulagé, je baissai ma garde, prenant les remèdes qu’elle m’offrait et profitant du lit qui était à ma disposition pour finalement me reposer. Sans oublier qu’il y avait quelque chose, dans cette pièce, pour me donner envie de rester : des livres. Si tôt que j’eu un moment sans surveillance, je grimpai sur un banc pour en attraper un, feuilletant avidement les pages. C’était la première fois depuis mon arrivée dans ce monde que je voyais un livre. Curieux, avide d’apprentissages, je découvrais des croquis de plantes et de fleurs, tentant de déchiffrer ce langage inconnu pour en tirer des leçons importantes. Bien sûr, j’étais si profondément absorbé par ma découverte que je ne remarquai même pas que la rousse était de retour, observant mon manège avec un sourire attendrit.

Je devins son petit oiseau noir. Le petit garçon qu’elle choisit de garder à ses côtés, d’adopter. Et, inversement, elle fut la première et la seule personne que je respectai à Solaistír. J’avais trouvé une enseignante, quelqu’un qui avait les moyens de m’aider à comprendre le monde qui m’entourait en plus de m’offrir les outils nécessaires à ma prospérité. Mieux encore, quelle ne fut pas ma joie lorsque débutèrent les leçons de danse. Je me sentais renaître, peu sensible aux questions morales entourant certains de mes autres apprentissages. Aisling était, d’abord et avant tout, une assassine. Il aurait été sot de croire que je n’allais pas jouir de ces leçons là également. Si en une autre vie cela m’aurait été impensable, c’est pourtant avec un détachement effrayant que je me pliai aux leçons, mémorisant ses conseils et m’attribuant ses astuces.

Les autres Shadow Dancers ne semblaient pas se soucier de ma présence, ma tutrice ayant gagné le respect et l’approbation de ses congénères depuis longtemps. Néanmoins, de mon côté, il y avait bien un individu pour s’attirer mon dédain. Un homme que j’ai toujours méprisé, espérant qu’un jour son règne s’achève. Jalousie ? Simple dédain ? Qui sait. L’important, c’est qu’au bout de quelques années passées sous la surveillance étroite d’Aisling, me dévouant à ses cours et me laissant forger par sa vaste expérience, je fus enfin considéré comme l’un des leurs. Finalement, j’étais moi-même devenu un Shadow Dancer. Si cela changea ma vision du monde ? Pas du tout. Même, je suppose que cela ne fit que l’empirer. Je faisais partie de ce cercle étroit, de ce groupe qui s’élevait au-dessus de la populace grâce à ses dons uniques. Et même au sein d’eux, je ne me trouvais d’égal. Je voulais pousser les choses toujours plus loin, franchir les limites, leur faire voir ce fossé profondément creusé entre eux-mêmes et ma personne. C’est ainsi que je joignis les rangs des informateurs. Au sein de cette branche, j’avais le champ libre, tant que je parvenais à obtenir les renseignements dont j’avais besoin. C’était le poste idéal pour moi qui avais deux avantages décisifs : mon don d’illusionniste et mon mépris profond pour les habitants de ce monde. Il n’y a donc rien d’étonnant au fait que je me constituai rapidement une certaine réputation, la simple mention de mon nom suffisant parfois à faire parler les âmes sensibles.

Néanmoins, c’était loin de me suffire. Plus le temps passait et plus je grimpais les échelons et plus la simple idée de travailler sous les ordres de notre chef me rendait malade. Pire encore, sa relation ambigüe avec Aisling n’avait rien pour me plaire. Il n’y a rien de surprenant à ce que je décide de mettre mon grain de sel dans tout cela. Si seulement il pouvait disparaître, quitter ses fonctions pour laisser mon enseignante prendre sa place. Tous les Shadow Dancers s’en porteraient mieux et, surtout, je m’en porterais mieux. Cette idée en tête, je débutai subtilement mon ouvrage. Je falsifiai des rapports, lui donnai de fausses impressions, lui adressant des conseils détournés dans l’espoir de le voir commettre des erreurs qui seraient vite remarquées par ses pairs. Rien de plus facile pour un manieur d’illusions, couvrir mes traces était un véritable jeu d’enfant. Malheureusement, ça ne suffisait pas. Il était trop bien entouré et, surtout, Aisling elle-même l’avait en trop haute estime pour le laisser faillir. Jamais l’assassine ne manqua à ses devoirs, répondant toujours présente pour amortir l’effet de mes manigances. Je devais trouver mieux et, pour une énième fois, j’avais une idée derrière la tête.

J’étais bien familier avec les forces des ténèbres pour les avoir vu détruire mon monde et, plus tard, pour avoir apprit à les manier moi-même. De plus, la chance était avec moi : Solaistír possédait de profondes superstitions sur le sujet, ses croyances ancestrales fondées sur la lumière et l’obscurité. Fouineur comme je l’étais, il ne me fallut que quelques mois pour trouver les ouvrages qui m’intéressaient. Je préparai un rapport, incluant les informations pertinentes à mon projet, et allai présenter le tout à notre très cher chef. C’est moi qui lui parlai des ténèbres. C’est moi qui lui donnai l’idée de les utiliser pour augmenter sa puissance, intensifier sa main de fer sur les affaires de Solaistír. C’est moi qui lui parlai de la nécessité d’agir au plus vite sans quoi son autorité pourrait être contestée. C’est moi qui espérai secrètement que son cœur sombre dans le noir et n’en revienne jamais.

Au travers de tout cela, aveuglé tel que je l’étais par mes idées malveillantes, j’oubliai de prendre en considération le caractère de l’homme. Enfin, sans doute est-il plus vrai de dire que je n’en avais rien à faire. Plus vite et plus brutalement il quitterait ce monde et plus heureux je serais. Jamais n’aurais-je imaginé que ses ambitions de puissance soient au-deçà de mes espérances. Plutôt que de sombrer seul, c’est l’ensemble des Shadow Dancers qu’il entraîna avec lui. Lorsque je compris ce qui était en train de se passer, il était déjà trop tard. Beaucoup trop tard. Pris de panique, la première idée qui me vint fut de régler cela de mes propres moyens. Pour vaincre un serpent, il suffit d’en couper la tête. Malheureusement, rien de ce que je ne pouvais faire n’aurait suffit à réparer les choses, pas à ce stade. Comme tous les autres, je fus englouti sous une puissante vague de ténèbres, spectateur impuissant de la destruction d’un monde pour la seconde fois.


Land of Dragons.

Pour la seconde fois, j’ouvris les yeux en un monde m’étant totalement inconnu. Néanmoins, il semblerait que ma situation ne soit pas totalement catastrophique. Quelqu’un m’avait trouvé. Telle est la pensée qui me vint alors que je fixais le plafond, immobile, inerte de corps comme d’esprit. Je refermai les paupières, sombrant presque aussitôt dans le sommeil. Ce manège se poursuivit de nombreux jours. Parfois une femme était là, à mon chevet. J’entendais sa voix, mais ne trouvait rien à lui répondre. Jin, tel fut le surnom qu’elle me donna. La jeune femme, Xiulan, m’expliqua que c’était le nom que l’on donnait à mes yeux. Le nom que l’on donnait à l’or. Amorphe, cela ne me fit ni chaud ni froid. Je lui tournai le dos après avoir bu un peu d’eau, tirant la couverture par-dessus mon épaule pour mieux me rendormir. Elle avait soupiré, déçue, mais était repartie.

Quelques jours plus tard, assis dans ma couchette de fortune, je fixais le mur. Je n’avais envie de rien. Je n’espérais rien. Je ne m’ennuyais de rien. Je me contentais d’exister. La porte coulissante s’est entrouverte doucement. Je fronçai les sourcils, ce n’était pas l’heure de mon repas. Une paire d’yeux sombre se glissa dans l’embrasure, me fixant avec curiosité. Un enfant, un jeune garçon. Nos regards se croisèrent, demeurant ainsi pendant de longues secondes avant que, finalement, il ne réagisse. Ils sont vraiment dorés ! Ce après quoi la voix de la jeune femme s’était élevé sur un ton de remontrance, ne prononçant qu’un mot sec avant que le garçon ne referme brutalement la porte et prenne la fuite. Zihao. Je poussai un soupir, las, avant de me laisser retomber sur le dos.

Il me fallut un moment avant de recommencer à être physiquement actif. Xiulan, patiente, m’apportait mes repas et, le soir, une bassine d’eau claire avec les vêtements propres. Quelle ne fut pas sa surprise, un matin, alors qu’elle me trouva dehors. Les bras croisés dans mes amples manches, pensif, je découvrais leur charmante maison et le lopin de terre qui l’accompagnait. Elle vint me trouver avec le sourire, demandant à ce que je ne lui refasse plus une peur pareille. J’acquiesçai de manière désintéressée, mon regard doré se perdant dans la contemplation de ce monde inconnu. Voyant où se portait mon intérêt, la demoiselle m’ayant recueilli me demanda si je pouvais leur donner un coup de main avec leurs récoltes, ajoutant sur le tas que la maison avait aussi besoin d’un peu d’amour. De nouveau, c’est la tête vide que j’acceptai, ne me souciant pas trop du déroulement des choses de toute façon.

J’appris dans les jours qui vinrent qu’il n’y avait personne d’autre que ces deux-là. Leur père était décédé deux hivers plus tôt et leur mère avait quitté ce monde en donnant naissance à Zihao. La tradition aurait voulu que Xiulan se marie et aille vivre chez son époux, mais son jeune frère était encore trop jeune pour vivre seul et hériter de la maison. Ainsi, la jeune femme avait préféré sacrifier ses espoirs de se marier pour plutôt élever son frère, espérant que lui prendrait soin d’elle durant sa vieillesse puisque, d’ici à ce qu’il atteigne la maturité, Xiulan serait sans doute trop vieille pour trouver un parti potentiel. Mon arrivée tombait donc à pic, une fois passé le choc initial qu’ils avaient eu en trouvant un homme inconscient dans leurs champs. Maintenant que l’on m’avait offert le gîte et le couvert, il tombait sous le sens que je doive me rendre utile en retour. Je réparai la toiture, m’occupai d’une porte qui coinçait, les aidai à prendre soin des bêtes et, bien sûr, remontai ma longue chevelure pour travailler aux champs. Une vraie vie de paysan qui, dans l’instant, ne me dérangeait pas. C’était facile. Je pouvais me laisser porter de jour en jour sans m’inquiéter de mon état apathique ou des conséquences des événements de Solaistír.

J’habitais avec eux depuis presque un cycle entier des saisons lorsque Zihao demanda à me parler en seul à seul. Intrigué, j’acceptai sa requête. La curiosité est la première émotion qui me revint. L’envie de savoir, de découvrir. Quelle ne fut pas ma surprise quand il me demanda d’épouser sa sœur. Il était prêt à nous céder les terres qui lui revenaient pourtant de droit, résolu à entrer dans l’armée pour se faire sa propre fortune en combattant pour son pays. Pour un gamin qui n’avait pas encore atteint la quinzaine d’années, il avait du cran. Mon refus était toutefois catégorique, à son grand déplaisir. Ceci étant dit, j’acceptai de lui partager les connaissances que j’avais du combat. Enfin, une infime partie de celles-ci, certes, mais il aurait été fort problématique de révéler l’existence de la magie à ce pré-adolescent qui ne pourrait sans doute pas la manier de toute façon. Ma proposition ralluma une flamme dans ses yeux. L’espoir était de retour. Tout enthousiaste, il me remercia promptement, ajoutant que cela me donnerait l’opportunité de réfléchir plus longuement à son offre. J’esquissai un sourire découragé et quelque peu forcé, mais n’ajoutai rien.

La seconde émotion qui me revint fut la malice. Un léger sentiment de joie lorsque je taquinais mon nouvel élève, souvent sceptique. Ça ne ressemble pas à du kung fu. Disait-il la mine boudeuse, son regard de suie me fixant avec désapprobation. De mon côté, quelque peu arrogant peut-être, je le mis au défi de me blesser avec son fameux art martial, s’il était réellement meilleur que ce que je m’efforçais de lui inculquer. Évidemment, l’affrontement se fini dans la poussière pour Zihao et dans la bonne humeur pour moi. Le garçon se releva avec les traits renfrognés, nettoyant son pantalon de la main sans pour autant oser me manquer de respect en exprimant le fond de sa pensée. C’est là que je décidai de me racheter, tirant de ma manche une petit surprise rectangulaire, enveloppée dans un bout de tissu. Je lui fis signe de s’approcher, ce qu’il fit malgré son scepticisme. Ouvrant le petit paquet, je séparai le morceau de gâteau de riz sucré en deux, lui offrant la moitié et conservant l’autre pour moi-même. Le regard de nouveau brillant, il m’observait avec incrédulité, jusqu’à ce que je lui offre un clin d’œil complice avant de mordre à pleines dents dans mon morceau.

Les jours se suivirent paisiblement. L’avant-midi, nous nous occupions des champs et des bêtes. L’après-midi, j’entraînais Zihao. Je l’aidais à renforcer son corps, mais là n’était pas le seul but de mes enseignements. Je voulais lui permettre de lire le rythme d’un combat et de le contrôler, lui apprendre à esquiver et à danser dans la bataille. J’incorporai également, lentement mais sûrement, l’usage de lames courtes, m’assurant ainsi de lui transmettre les outils nécessaires à sa protection, même si l’existence des ténèbres lui serait à jamais cachée. En fin de journée, nous mangions ensemble un bon repas préparé par Xiulan. Dans la soirée, son jeune frère s’éclipsait pour retrouver ses camarades de jeu. Dans ces moments-là, nous nous installions dans la cour intérieure, là où la jeune femme jouait du dizi et où je pouvais me détendre en buvant du mijiu. C’est comme ça que me revint, lentement, une autre des facettes de ma personnalité : ma créativité. Intrigué par la flûte de Xiulan, je lui demandai, un soir, si elle pouvait m’apprendre à en jouer également. Touchée par mon intérêt pour son art, la jeune femme accepta sans hésitation. C’est donc ce qui occupa nos soirées pour des mois à venir.

Je passai près de trois années en leur compagnie. Vers la fin, j’étais pratiquement redevenu moi-même, à quelques différences près. La vérité, c’est que cette nouvelle expérience avait sans doute fait de moi un homme meilleur que je ne l’avais jamais été. Apaisé par les beautés et la poésie de la Chine, réconforté par l’affection de gens qui se plaisaient à profiter de ma compagnie et dévoué à accomplir des tâches simples et répétitives, mais satisfaisantes, j’avais trouvé un semblant d’équilibre. Si je ne développai jamais ce genre de sentiments pour Xiulan, je devais néanmoins avouer que l’idée de rester vivre avec eux ne me déplaisait pas. J’étais en paix, ayant comme oublié que je n’avais pas ce droit. Pas après les choses que j’avais faites. On me rappela cette vérité cruelle un soir de ciel dégagé, là où la lune éclairait faiblement notre demeure.

Je ne trouvais guère le sommeil et, par conséquent, m’étais rendu dans la cour intérieur pour regarder les étoiles. Paisible, je ressentais l’envie de jouer de la flute, mais me retint par crainte de nuire au sommeil des autres habitants des lieux. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque Xiulan vint me rejoindre, ne trouvant pas le sommeil non plus. Nous discutions de façon détendue jusqu’à son apparition. Un homme que je ne connaissais pas ou, plutôt, que je ne reconnu pas. Ses vêtements, eux, étaient loin de permettre le doute, tout comme son entrée plus sombre que la nuit elle-même. Je me dressai entre lui et mon hôte à toute vitesse, surpris par l’apparition soudaine de ce Shadow Dancer. Avais-je été retrouvé ? Avait-il eu un coup de chance ? Savaient-ils que j’avais survécu ? La bataille fit vite rage dans la cour intérieure alors que Xiulan se précipitait pour réveiller Zihao. Dans la foulée, je fus blessé, sentant mon sang couler pour la première fois depuis des années. Sentant le combat, l’adrénaline, après une éternité de tranquillité. La dernière impulsion à me revenir fut le sadisme, la cruauté. Puis, la culpabilité. Non pas pour avoir tué cet homme, non pas pour avoir souillé les murs de sa chair. Pour avoir si longtemps fuit ce passé qui, à présent, venait de me rattraper et de mettre en péril les gens qui m’avaient hébergé et soigné. La culpabilité de ne pas avoir cherché à me racheter pour mes fautes et d’avoir plutôt choisi de me cacher.

Au moment de partir, je m’excusai auprès d’eux. Il m’était impossible de vivre là plus longtemps, sans quoi leur vie serait menacée. Pire, eux-mêmes devaient plier bagage, quitter leur demeure et ne plus revenir ici. Le danger était trop grand. On pourrait les trouver, les torturer. Je n’étais que trop familier avec nos méthodes pour les avoir moi-même mises au point. Quelle cruelle ironie que d’imaginer Xiulan et Zihao souffrir des jeux qui avaient jadis été les miens. Avant de tourner les talons, je posai la main sur l’épaule de mon élève, l’air solennel. Ne sous-estime pas l’impact de tes choix sur la vie de ta sœur. Protège-la, toujours. Puis, je m’étais éloigné, mon petit sac sur l’épaule et la queue de cheval au vent, l’oreille sourde aux pleurs de Xiulan. C’est son frère qui, les poings serrés, éleva la voix. Jin ! Je m’arrêtai. Et toi, où vas-tu ? La tête basse, mon regard se fit pensif, nostalgique, douloureux. Je m’en allais retrouver Aisling. Confronter mon passé, admettre mes fautes et, s’il le fallait, mourir de sa main pour me faire pardonner. Peu importe le prix que je devrais payer, je devais me racheter et, surtout, m’assurer qu’elle aille bien. C’était tout ce qui comptait, à présent. Chassant tout cela, je me tournai vers eux avec un sourire confiant, arrogant. Un sourire fier et la tête haute, l’œil vif et plein de malice.

Je vais protéger le bonheur de ma famille !


Port-Royal.

Je voyageai beaucoup, passant de monde en monde à la recherche de celle qui m’avait élevé. Je ne passais jamais plus de quelques semaines au même endroit, constamment à l’affut d’une légende ou d’une rumeur qui pourrait représenter une piste tangible. À mon grand bonheur, mon intuition était juste. Lorsque je gagnai Port-Royal, il me suffit de quelques visites dans les tavernes du coin pour entendre parler d’une étrange brume assassine qui ne pouvait qu’émaner de mon ancienne tutrice. Satisfait, il n’était plus qu’une question de temps avant que mon chemin ne croise celui d’Aisling, défigurée par les ténèbres. Lorsque je la vis dans cet état, je compris que ce dont elle avait besoin, ce n’était pas d’une vengeance. La vérité n’était pas ce qui la soulagerait, pas dans l’immédiat. J’acceptai donc de me munir d’un rôle différent et de veiller sur elle comme elle l’avait fait pour moi, de nombreuses années auparavant. Pour l’heure, le poids de mes crimes ne serait porté que par moi et moi seul.  

{
Particularités.

★ Possède une impressionnante capacité d'adaptation. N'a aucun mal à apprendre de nouveaux dialectes ou à adopter rapidement la culture d'un nouveau lieu. Aime découvrir de nouvelles façons de vivre.
☆ Très manuel, aime occuper ses mains avec tout ce qu'il peut trouver. Certaine curiosité, voir fascination, pour les mécanismes en tous genres.
★ Aime qu'on lui brosse les cheveux, qu'on lui caresse les cheveux ou qu'on les lui coiffe. Ne laisse toutefois pas tout le monde s'approcher de sa longue crinière.
☆ Depuis son séjour au Land of Dragons, adore les vêtements amples. Est également devenu fan de mijiu, un alcool chinois, et aime jouer du dizi, une flûte de même origine.
★ Va oublier d'appliquer de la pression sur vos plaies ouvertes.
☆ Utilise parfois ses illusions pour adopter une apparence différente à la sienne ou simplement se munir de vêtements plus adaptés à sa situation. Il aime également jouer des tours ou dissimuler ses blessures.
Hors-jeu. }"bjr jsuis une tite marde"
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}



{ Petit mot.
MY LOVE. MY LOOOOVE.

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Statistiques. }

  • Rang : Expert.
  • Points de vie : 185 PV.
  • Attaque : 17.
  • Attaque critique : 22.
  • Magie : 28.
  • Sort critique : 36.
  • Défense : 19.
  • Soin : 15.
  • Curaga : 15.

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